Mardi 10 mai 2022 à 16:00
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Que l’on soit une entreprise, une administration ou un syndicat, comment prendre le train de la numérisation? Pour quels buts? Et comment choisir son prestataire, parmi la myriade de sociétés présentes sur ce marché? Faut-il privilégier un géant étranger, un prestataire suisse ou travailler avec les deux? Et quid de la localisation de ces données? C’est pour tenter de répondre à ces questions vertigineuses que Le Temps organisait le 10 mai un webinaire avec le soutien d’Oracle. Y ont participé Nathalie Lorien, Finance and Operations Business Development Manager chez Oracle, Marc Boudriot, directeur du prestataire cloud suisse SyselCloud et Daniel Bühler, chef du département des services centraux chez Unia – ce syndicat vient de signer un contrat cloud avec Oracle. Durant une heure, ces trois invités ont répondu aux questions du «Temps» et des internautes. L’intégralité de la vidéo est disponible ci-dessus, et en voici un résumé écrit.

 

Daniel Bühler, pourquoi avoir opté pour les services cloud d’Oracle?

Daniel Bühler: On travaillait déjà en partie dans le cloud dès 2007, avec un cloud privé, mais il était temps de changer plusieurs de nos applications. Microsoft nous a dit qu’on arrivait en fin de cycle, qu’on n’avait plus la possibilité de faire certaines mises à jour, on commençait alors à se poser des questions sur ce qu’on allait faire. Il était temps de migrer totalement vers le cloud, avec l’exigence de bien protéger nos données, tant celles des membres d’Unia que celles de nos collaborateurs. Tout en respectant la législation suisse, bien entendu. Nous avons opté pour les services cloud d’Oracle, tout en continuant à travailler avec d’autres fournisseurs tels Microsoft, car nos besoins sont très larges.

 

Marc Boudriot, quelle est l’importance pour vos clients d’avoir leurs données en Suisse ?

Marc Boudriot: La nouvelle mouture de la Loi sur la protection des données, qui doit entrer en vigueur en septembre 2023, n’impose pas à tous de garder les données en Suisse. Et le fait de les avoir en Suisse ne garantit pas qu’elles soient protégées. L’important est de savoir qui gère les données, Notre cœur de cible, ce sont les clients qui souhaitent avoir leurs données en Suisse, gérées par une société suisse. Avec la nouvelle loi, certaines entreprises devront soit opter pour un cloud privé, soit opter pour un prestataire suisse.

 

Oracle possède depuis peu un centre de données en Suisse, qu’est-ce que cela change pour vos clients ?

Nathalie Lorien: Nous possédons aujourd’hui  des centres de données dans vingt pays et lorsque certaines entreprises sont soumises à des règles particulières, nous leur proposons des solutions sur mesure. Cela peut être dans nos centres de données, mais aussi en installant un cloud privé dans les locaux de nos clients. C’est par exemple le cas pour les Hôpitaux Universitaires de Genève depuis peu.

 

Unia aurait-il préféré travailler avec un prestataire suisse?

Daniel Bühler: C’est ce que nous privilégions habituellement Mais vu nos besoins, il était clair que nous allions travailler avec un prestataire étranger. Oracle s’est avéré être le meilleur choix, même si les données seront stockées ailleurs en Europe. Nous avons étudié ces questions avec nos juristes et des experts externes et nous seront en conformité avec la loi.

 

Migrer vers le cloud, est-ce compliqué demande une internaute ?

Nathalie Lorien: Nous avons des intégrateurs de toutes sorte pour faciliter les migrations. Mais l’idée n’est jamais de reproduire ce qui était fait dans les précédents systèmes. On adopte le cloud pour toutes les nouvelles fonctionnalités qu’il apporte. Le cloud change la manière de travailler, c’est une révolution pour tous les métiers de l’entreprise.

Marc Boudriot : Tout dépend ce qu’on fait. Reprendre les applications actuelles et les mettre en place dans le cloud, l’utilisateur ne voit pas de différences et c’est facile et rapide. Le problème, c’est si l’on change d’applications. C’est comme des travaux sur la route. Il y a un chantier qui implique des perturbations. A partir du moment où l’on change le mode de travail des gens, ça peut être assez lourd. Mais cela apporte à terme des bénéfices importants.

 

Chez Unia, vous êtes au début de ce processus, vous vous attendez à ce que tout ne soit pas si facile?

Daniel Bühler: En interne, on a des utilisateurs/trices de niveaux très différents. Donc c’est un enjeu important de faire en sorte que tout le monde utilise les nouveaux outils à disposition. Et pour migrer les données vers le cloud, il y aun travail important, car il faut les structurer. Mais cela en vaudra la peine.

Nathalie Lorien: Avec ce qu’on appelle le software-as-a-service (SAAS), nous offrons une autre manière de gérer un projet. On propose un applicatif qui offre des fonctionnalités différentes, avec de nouvelles possibilités de déploiement, d’agilité et de solutions pour tous les collaborateurs.

 

Une question d’un internaute: comment être sûr que des informaticiens travaillant pour Oracle ou SyselCloud n’aient pas accès aux données?

Marc Boudriot: Si on livre une infrastructure de services, on livre l’équivalent des serveurs et les clients disposent des droits d’accès et peuvent chiffrer l’information. Et du coup on n’a pas accès à l’information. Mais si on a des droits qui nous permettent d’avoir accès aux données, nous le faisons évidemment en accord avec nos clients.

Nathalie Lorien: La confiance est primordiale, nous offrons plusieurs niveaux de sécurité et nos clients en sont totalement satisfaits.

 

Très concrètement, quels nouveaux services peut offrir le cloud ?

Nathalie Lorien: Un grand distributeur anglais a choisi notre solution et a développé une partie mobile pour les ressources humaines. Ses employés vont sur l’app mobile pour poser des congés en parlant à leur téléphone. Ce distributeur a créé une application pour gérer les heures supplémentaires automatiquement: tout se fait instantanément en quelques clics. Il est facile de créer des assistants conversationnels (chatbots). Par exemple dans la finance: vous voulez savoir le solde du compte, vous pouvez demander au chatbot, il n’y a plus besoin de naviguer dans les outils pour accéder à ces informations. Idem pour le reporting, des responsables d’entités peuvent consulter leurs résultats par simples commande vocales. On change complètement la manière de travailler et l’expérience utilisateur. Ces algorithmes vont gérer de grands volumes et accélérer les processus.

Daniel Bühler: Pour répondre à certaines questions qui reviennent souvent sur des prestation chômage, nous sommes en train de mettre en place un chatbot. Il sera important de former nos membres et collaborateurs à ces outils qui facilitent la vie. Tout en permettant toujours d’obtenir des renseignements par téléphone ou en se rendant dans nos bureaux.

Marc Boudriot: Pour les problématiques liées aux infrastructures, le cloud a de gros avantages: il permet d’effectuer des opérations de restauration quasiment instantanées. On est capable de restaurer une image de votre machine d’il y a deux jours, cinq jours, deux mois, très rapidement. C’est fondamental pour la sécurité des données de nos clients. Un des principaux problèmes auquel doivent faire face les entreprises, c’est l’attaque par ransomware et la parte de fichier. La restauration de ces données est donc un point essentiel et le cloud permet cela.

 

La sécurité est donc un avantage majeur du cloud ?

Nathalie Lorien: C’est un accélérateur pour aller dans le cloud, alors qu’avant, certains craignent pour leurs données en migrant vers le cloud. C’est une certitude: les entreprises n’ont pas le même niveau de sécurité dans leurs propres infrastructures

 

Marc Boudriot, être dans le cloud n’empêche donc pas d’être attaqué par un ransomware ?

Marc Boudriot: En effet, malgré toutes les mesures de sécurité que vous mettez en place. Mais le cloud permet de restaurer rapidement ses données. Et c’est capital.

Daniel Bühler: Cela n’empêche pas de devoir former ses employés en permanence, de les appeler à la vigilance, de sécuriser leurs ordinateurs et leurs téléphones. Et toutes ces mesures ont aussi un coût.

 

Autre question d’un internaute, une fois que l’on a choisi un prestataire cloud, est-il facile de le quitter ?

Nathalie Lorien: Absolument, il y a des clauses de réversibilité, il n’y a pas de problème pour aller ensuite transférer ses données chez un autre fournisseur.

 

Le cloud, est-ce la fin prochaine de l’installation des logiciels sur les ordinateurs des employés?

Marc Boudriot: Je crois que c’est inévitable. Cela permet des économies d’échelle importante pour les clients, car ce sont les prestataires cloud qui investissent de manière centralisée, ce qui profite à tous. Pour mettre en place notre infrastructure cloud, nous avons investi plus de 10 millions de francs et investissons en plus 1,5 million chaque an… Cela donne une idée pour un prestataire local de cloud. Sans parler de l’efficacité énergétique, car en mutualisant les ressources, le cloud nécessite nettement moins d’énergie que si tous les clients possédaient leurs propres serveurs chez eux.

 

Webinaire organisé par Le Temps avec le soutien d'Oracle.