Lundi 28 septembre 2020 à 11:00
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Chacun à leur manière, ils sont en pointe dans ce qu’on appelle la santé 4.0: Didier Trono, professeur à l’EPFL est l’un des meilleurs experts de la numérisation du système de santé et de l’utilisation du big data  dans la prédiction, le diagnostic et le traitement des maladies.

Médecin généraliste, Jean Gabriel Jeannot a lui une expérience très pratique et de première main de la télémédecine.  La crise du Covid-19 a accéléré l’utilisation des nouvelles technologies. Et pas seulement dans le traçage avec des applications comme SwissCovid.

Les réponses aux questions des internautes:

C'est bien beau d'avoir beaucoup de données... mais il faut être formé pour les traiter et les comprendre. A-t-on les ressources nécessaires?

Jean Gabriel Jeannot: Vous avez raison, il y a actuellement un manque de formation du côté des professionnels de la santé pour gérer les données de santé de façon efficace. Dans un monde idéal, les professionnels doivent être formés aux nouvelles technologies. Toutefois, les citoyens doivent être patients et sensibilisés à ce nouveau monde également. 

Si vous comparez la pandémie actuelle à la pandémie de grippe de 2017, pensez-vous que celle-ci soit plus dangereuse?

Didier Trono: Il n'y a qu'à voir... Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ils sont en effet plus élevés, la comparaison est très en défaveur de la pandémie actuelle. 

J'ai l'impression que les médecins en général se méfient de la technologie. Craignent-ils pour leur statut et leurs revenus?

Didier Trono: Je ne pense pas qu’ils craignent ni pour leur statut ni pour leurs revenus. Ces évolutions technologiques représentent pour les professionnels de la santé une évolution, ils doivent s’adapter à une nouvelle médecine et à de nouveaux outils, ainsi qu’à une plus grande place du patient dans la relation soignant vs soigné. Ils doivent accepter que tout cela représente pour eux un défi.

Comment peut-on envisager l'utilisation accrue des nouvelles technologies pour des consultations à distance?

Didier Trono: Assez simplement, puisque les consultations à distance veulent parfois dire par téléphone ou courriel. Depuis peu, également par vidéo. Les moyens technologiques existent déjà. Ce qu’il faut, c’est former les professionnels à ces nouveaux outils et définir plus clairement quelles pathologies peuvent être traitées à distance.

Que pensez-vous des plateformes telles que Soignez-moi.ch?

Didier Trono: Quand on en parle, il y a beaucoup d’inquiétude chez les gens, car il s’agit de soins à distance. Il n’y a pas de rencontre directe entre patients et soignants. Ces consultations à distance remplacent, par exemple, la recherche d’informations sur internet par le patient ou ses visites à la pharmacie. Ces consultations ont toute leur place, car elles sont rapides, efficaces et pas chères, mais elles ne remplacent pas les consultations classiques.

Les conférences interactives suivantes sont payantes. Elles seront consacrées à l’impact des technologies sur l’emploi (mardi), l’énergie (mercredi), la finance (jeudi) et la mobilité (vendredi). Programme et inscription: https://forumdes100.ch/programme/