Le cas Fortis a montré que l'ombre de la faillite d'une grande banque hantait maintenant le Vieux Continent. Et en dépit du retour au profit annoncé par UBS, cela relance les interrogations autour de la préparation des autorités fédérales à une catastrophe bancaire. Leur silence à ce sujet a fait l'objet de toutes les critiques. La question reste d'autant plus sensible que la mobilisation des trois pays du Benelux a été nécessaire pour sauver une banque qui n'a en rien la taille d'une UBS ou d'un Credit Suisse. Et que certains, à l'instar de Daniel Gros, directeur du Centre for European Policy Studies, parlent d'établissements «too big to save» (trop gros pour être sauvés), rappelant que le passif d'UBS représentait plus de quatre fois le PIB suisse.

Un plan secret est-il prévu? Le Département fédéral des finances assure «avoir toujours disposé – de la même façon que le chef des armées – d'un scénario du pire en tête». Les pouvoirs publics redoutent de revivre la débâcle de la Spar- und Leihkasse de Thoune, qui, en 1991, avait laissé plus de 6000 épargnants sur le carreau. Lors d'un débat au Conseil des Etats, mardi, la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a rappelé que la BNS, la Commission fédérale des banques et le gouvernement disposaient de scénarios catastrophes dont les mesures «sont régulièrement discutées et améliorées depuis 2005».

Quelle forme prendrait un tel sauvetage? Le conseiller national UDC Hans Kaufmann évoquait dans les colonnes du Blick le chiffre de 100 milliards de francs pour un sauvetage d'UBS, pratiquement le double du budget fédéral annuel. La nationalisation n'est pas le seul recours. Un fin connaisseur de la Commission de la concurrence assure qu'un plan prévoit «la fusion des activités de banque d'investissement ainsi que de gestion de fortune d'UBS avec celles de Credit Suisse». Les activités de banque de réseau seraient «partagées entre Raiffeisen, la Banque Migros et les différentes banques cantonales».