Membre d'Exit, je suis globalement d'accord avec l'article de M. Bernard Kiefer paru dans Le Temps du 26 novembre. En revanche, je ne comprends pas du tout le sens profond (?) de la dernière phrase de ce texte: «... laisser le suicide assisté se transformer en vaste programme de disparition des exclus». A titre personnel, je milite pour que l'assistance au suicide soit dispensée par un service spécialisé de l'Etat opérant pour toutes les personnes (âgées) désireuses de quitter une vie qu'elles ont chérie mais qui est devenue insupportable. Trop de douleurs physiques et morales, de handicaps et de privations pour la seule satisfaction de vivoter et surtout sans aucun espoir du moindre retournement de situation. Quand viendra le moment d'y songer sérieusement - pour le moment, à 76 ans, je jouis d'une assez bonne qualité de vie - je ne me considérerai pas comme un exclu mais comme étant parvenu à un moment de la vie où il est préférable de prendre volontairement et en toute conscience un raccourci vers la mort inéluctable plutôt que de végéter dans un EMS ou, pire encore, de terminer ses jours à l'hôpital sous les ordres de la Faculté. Il semble hélas qu'à la Commission nationale d'éthique, on n'ait pas encore appréhendé les très nombreux cas comme celui décrit ci-dessus.