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Le fabricant suisse des drones SenseFly se fait racheter par Parrot

La société vaudoise passe sous contrôle français pour 5 millions de francs. SenseFly produit 40 drones civils par mois

Le fabricant suisse des drones SenseFly se fait racheter par Parrot

Technologie La société vaudoise passe sous contrôle français pour 5 millions de francs

L’entreprise produit 40 drones civils par mois

Nouvel envol pour les drones civils de la société SenseFly, à Ecublens: le groupe français Parrot, leader mondial dans le domaine de la technologie sans fil pour téléphones mobiles, injecte 5 millions de francs dans cette spin-off de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Parrot acquiert ainsi une part majoritaire du capital (57%) de l’entreprise vaudoise, indique celle-ci dans un communiqué diffusé jeudi. Lancée en 2009, SenseFly conserve son indépendance managériale tout en bénéficiant des capacités d’innovation du groupe Parrot, qui emploie plus de 700 personnes dans le monde pour un chiffre d’affaires de 248 millions d’euros en 2011.

Avec une production de quarante unités par mois, SenseFly est l’un des premiers fabricants de drones civils dans le monde. Ces engins volants, qui ressemblent à de petits avions ou hélicoptères, représentent un marché de 2,3 milliards d’euros, selon l’entreprise d’analyses économiques Teal Group Corporation. C’est le secteur le plus dynamique de l’aéronautique, avec des prévisions à 10 milliards de dollars d’ici à une dizaine d’années. De taille et de forme variables, ils peuvent être pourvus d’ailes ou d’hélices; quant à leur poids, il va de quelques grammes à plusieurs dizaines de kilos.

500 grammes pièce

Vendus dans une quarantaine de pays sous le nom de Swinglet, les drones produits et assemblés par SenseFly à Ecublens appartiennent à la catégorie des modèles ultralégers: ils pèsent 500 grammes pour une envergure de 80 centimètres. L’appareil peut être lancé à la main et le parcours programmé à distance – plusieurs kilomètres carrés, couverts en une demi-heure à quelque 40 km/h.

«Grâce à une caméra embarquée, le Swinglet permet de cartographier des terrains, d’inspecter des sites industriels, de surveiller des chantiers, de photographier des projets immobiliers ou de planifier des itinéraires lors de la construction des routes, par exemple», explique Jean-Christophe Zufferey, directeur de SenseFly. SenseFly ne travaille que dans le domaine civil. Les images aériennes peuvent être assemblées pour générer en quelques minutes une cartographie 3D précise. Le développement des ­drones est porté par celui des systèmes d’informations géographiques (comme Google Earth), dont le marché enregistre une croissance annuelle de 15%. Les experts s’accordent également à dire que les améliorations récentes au niveau de l’autonomie des appareils ont propulsé ces derniers dans la phase de la rentabilité commerciale. Bien moins chers qu’un hélicoptère (le Swinglet s’acquiert pour 10 000 francs), ils sont aussi plus rapides et permettent d’effectuer des prises de vue à moins de cent mètres du sol. Employant actuellement vingt-cinq personnes, SenseFly – qui ne donne pas son chiffre d’affaires – espère ainsi créer des dizaines de postes de travail supplémentaires et décupler ses ventes dans les prochaines années.

Les applications sont de plus en plus nombreuses. Flying Robots, à Genève, a créé une «modalité cargo» autorisant jusqu’à 250 kg d’emport pour des modèles destinés à des missions humanitaires. En 2009, les pompiers de Paris ont testé un drone baptisé «Minirec» pour planifier les interventions dans des immeubles en flammes. L’ajout de capteurs sensoriels permet la détection de pollutions. Bref, les drones peuvent être envoyés dans tous les bourbiers – les nuages radioactifs de Fukushima, par exemple. L’événementiel représente un autre nouveau débouché: la société Waspview imagerie aérienne, à Carouge, a couvert la Course de l’Escalade avec des multicoptères équipés de caméras embarquées.

Aucune autorisation de vol n’est normalement requise en Suisse; l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) pose comme seule obligation pour l’opérateur de garder l’appareil dans son champ visuel. «Ce n’est pas problématique. Au besoin, on peut réaliser une mission en plusieurs fois, en se déplaçant avec un véhicule», affirme Jean-Christophe Zufferey.

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