Dans La Fabrique de crimes, Paul Féval offrait une jouissive parodie des feuilletons. Extrait de la préface:

«Voici déjà plusieurs années que les fabricants de crimes ne livrent rien. Depuis que l’on a inventé le naturalisme et le réalisme, le public honnête autant qu’intelligent crève de faim […] C’est pourquoi, plein de confiance, nous proclamons dès le début de cette œuvre extraordinaire, qu’on n’ira pas plus loin désormais dans la voie du crime à bon marché. Nous avons rigoureusement établi nos calculs: la concurrence est impossible. Nous avons fait table rase de tout ce qui embarrasse un livre; l’esprit, l’observation, l’originalité, l’orthographe même; et ne voilà que du crime. En moyenne, chaque chapitre contiendra soixante-treize assassinats, exécutés avec soin, les uns frais, les autres ayant eu le temps d’acquérir, par le séjour des victimes à la cave ou dans la saumure, un degré de montant plus propre encore à émoustiller la gaieté des familles.»