Philippe Favarger, candidat à la Constituante genevoise, liste des Associations, Genève

Les Genevois ont mal à leurs communes. Certains veulent les supprimer, d'autres les fusionner, d'autres encore les découper. La Constitution genevoise ne dit rien du nombre et de la taille des communes du canton, mais le sujet viendra certainement sur la table de la Constituante qui sortira des urnes le 19 octobre.

Le débat sur les communes est un bel exemple de schizophrénie aiguë du citoyen genevois. Lorsqu'on évoque des problèmes qui touchent l'ensemble du canton, comme la pénurie de logements, le citoyen trouve que les communes ont trop de pouvoir de blocage des projets de construction; quand il s'agit de protéger son lieu de vie contre un afflux de population, le même citoyen s'insurge contre les pouvoirs démesurés du canton en matière d'aménagement du territoire. Alors, faut-il supprimer les communes ou faut-il leur donner plus de pouvoir?

[...] L'utilité d'un échelon administratif entre le canton et le citoyen paraît évidente, ne serait-ce que pour la gestion des affaires locales. La seule question est la taille que doit avoir cet échelon. Et cela dépend d'une autre question. Quels doivent être le rôle, les tâches, les pouvoirs, les attributions, les compétences des communes? [...]

Si la Constitution genevoise ne dit rien sur le découpage des communes, elle entérine implicitement la prééminence de la Ville de Genève, qui a droit à un chapitre spécial. Ce déséquilibre provient de l'ancienne fusion des communes de Genève, de Plainpalais, des Eaux-Vives et du Petit-Saconnex. Si on appliquait la même logique aujourd'hui, il faudrait fusionner Genève avec Carouge! Et avec les autres communes qui composent la zone urbaine. On aurait ainsi une énorme commune, en concurrence avec le canton dans de nombreux domaines, à côté d'une série de petites communes, relativement insignifiantes. Mauvais choix assurément. [...]

Plus les communes auront une grande taille, plus leurs compétences se superposeront avec celles du canton, avec tous les risques de doublons et de conflits que cela implique. Plus elles seront petites, mieux elles pourront assurer les tâches de proximité associées à leur statut de plus petit échelon administratif. Alors, une commune des Pâquis? Le plus simple serait de revenir aux anciennes communes de la ville. On reconstruit bien les voies de tram qu'on a détruites au siècle dernier...