Tiffany Géroudet est tombée sur une adversaire clairement plus forte qu’elle lundi en 8es de finale du tournoi olympique à l’épée, la Chinoise Sun Yujie, no 1 mondiale. Constamment menée au score, la championne d’Europe 2011 n’a pu éviter une élimination sur un score finalement assez sévère (15-10).

Le duel a été interrompu à quatre reprises en raison d’un problème de l’appareillage électronique de Géroudet. La Valaisanne a semblé perturbée et n’a jamais pu se remettre vraiment dans son duel, après la première panne survenue à 10-8 pour la Chinoise. «Ce n’est pas une excuse», a-t-elle cependant reconnu. «Elle (Sun) a superbien tiré. Oui, je suis vraiment déçue!», a relevé la Sédunoise, qui a quitté la salle en pleurs tout en répondant ensuite longuement et de manière très affable aux questions.

Sa grande déception est aussi le reflet des ambitions qui l’habitaient au départ. Très douée (elle fut championne du monde juniors en 2006), Tiffany Géroudet s’était, estime-t-elle, bien préparée, bien qu’elle soit retombée au 18e rang mondial. Elle ne craignait pas la Chinoise, tout numéro 1 que puisse être cette dernière. «Son jeu me convient bien en principe, elle est gauchère comme moi», avec en plus une façon semblable de tenir la poignée. L’an dernier à l’Open de Sydney, la Valaisanne l’avait du reste battue (15-12).

Mais la formidable allonge de Sun Yujie a prévalu cette fois. Face au 1m92 de sa rivale, Géroudet a paru petite avec son 1m70. En 16es de finale déjà, la Suissesse avait affronté une géante, la Polonaise Magdalena Piekarska, qu’elle a vaincue avec bravoure (victoire 15-14), en gardant ses nerfs malgré une tension presque insoutenable à la fin.

«Me remonter le moral»

Ce succès initial ne suffira toutefois pas à la consoler. Pour cela, elle devra compter «sur les garçons» comme elle dit, Fabian Kauter et Max Heinzer, qu’elle retrouve régulièrement aux entraînements et qui seront en lice mercredi. «J’espère qu’ils me remonteront le moral» (par un bon résultat), a-t-elle souhaité. Au-delà, l’étudiante en agro-alimentaire à la HES de Sion va devoir «continuer à travailler»... pour retenter sa chance notamment aux JO 2016 à Rio.

Avant d’arriver au Brésil, elle veillera peut-être à s’assurer un meilleur classement mondial que le 18e rang qu’elle occupait en débarquant à Londres. Cette place trop modeste l’exposait à un tirage au sort difficile. Mais plus que d’être tombée sur le numéro 1 mondial – la hiérarchie reste très fluctuante dans l’escrime féminine – , Tiffany Géroudet regrettait de ne pas être parvenue à inquiéter Yujie Sun. «Je n’ai jamais vraiment pris le dessus sur l’assaut», disait-elle.

Avec une maîtrise digne d’une routinière malgré ses 19 ans, la Chinoise en a profité de manière implacable.