Le fait que les banques versent des contributions aux partis politiques fausse-t-il le débat?

Alain Berset: Oui. Il est essentiel que nous réhabilitions une certaine confiance dans le politique. Cela nécessite de la transparence et une certaine indépendance. Il est nécessaire de poser les conditions de cette transparence en posant la question du financement des partis. Nous savons que de grandes entreprises et divers milieux financent les formations politiques. Ce n'est pas un financement a priori. Au lieu de verser une somme par avance, on regarde précisément quelle a été la convergence des votes au parlement et les positions défendues par l'entreprise et ensuite on répartit l'enveloppe. C'est malsain.

Michel Halpérin: Vous êtes beaucoup mieux renseigné que moi. Je constate que c'est peut-être un bon thème en soi. Vous êtes en train de faire croire aux lecteurs que si le financement des partis politiques était différent de ce qu'il est, il n'y aurait pas de crise financière. Vous revenez avec vos épouvantails, vous bondissez avec l'émotionnel. Je pense que le mode de financement n'a aucune conséquence sur les rapports des forces et le débat. Ce qui n'exclut pas que le PS soit aussi soutenu par les grandes banques. C'est une captation d'émotion dans un débat qui a besoin de tout sauf de ça.