Dans un lieu reculé du nord de l'Iran, deux hommes inquiétants vaquent autour d'une gargote fermée. Ils découragent des jeunes gens égarés d'aller plus loin en voiture, puis s'enfoncent dans les bois avec un sac de viande avariée. Près de là, au bord d'un lac, des étudiants se sont installés pour leur concours de cerfs-volants annuel… Drôle de film que ce mélange de références au cinéma d'horreur américain et au cinéma d'auteur iranien! Ce deuxième opus du jeune et talentueux Shahram Mokri (Ashkan, 2009) tient de surcroît le pari d'un plan-séquence unique, comme dernièrement Ana Arabia d'Amos Gitaï. Pourtant, autant le résultat, qui inclut des boucles temporelles aussi bluffantes que logiquement «impossibles», fascine un moment, autant il finit par lasser. La faute à un surréalisme trop vague ou approximatif. Et si on croit deviner derrière tout ça l'allégorie d'une jeunesse moderne sacrifiée à un pays d'arriérés, impossible d'en jurer.