Jean Christophe Schwaab, socialiste vaudois, secrétaire central de l'Union syndicale suisse (USS):

«Nous avons perdu. Mais l'initiative pour un âge de l'AVS flexible a au moins permis de mettre le dossier sur la table de telle façon que plus personne ne peut passer à côté. Ceux qui ont combattu l'initiative devront maintenant apporter des solutions. J'attribue notre échec à la crise financière qui a désécurisé beaucoup de monde. J'ai pu le constater lors de la campagne, en faisant les marchés. Beaucoup de personnes étaient inquiètes des risques de récession. La disproportion des moyens financiers de nos adversaires avec les nôtres a également pesé en notre défaveur. Concernant le texte de l'initiative lui-même, le plafond de 119340 francs par an en dessous duquel nous proposions une retraite à la carte sans pertes financières était peut-être trop élevé. Personnellement, je ne le pense pas. Mais je comprends que des personnes en faveur de notre initiative aient finalement pu mettre un non dans l'urne à cause de cet élément-là. J'insiste: malgré notre défaite, nous avons quand même remporté un certain succès. Même Pascal Couchepin et Urs Schwaller ont reconnu la nécessité de faire quelque chose pour flexibiliser la retraite. Fixer un âge de façon rigide est aujourd'hui irréaliste. Nous devons trouver une solution rapide aux problèmes de la flexibilisation des retraites vers le bas.»

Guy Parmelin (UDC/VD), dans le camp des opposants:

«Je suis très satisfait du résultat. Nous nous sommes bien battus pour remonter la pente alors que les premiers sondages donnaient l'initiative gagnante. Je suis même surpris en bien car je pensais que de nombreux cantons romands risquaient de l'accepter. Les Suisses ont su faire une bonne pesée d'intérêts, ont vu que le projet de la gauche manquait sa cible et qu'il valait mieux rester prudent vu le contexte financier actuel. Mais le débat n'est pas clos. Le système actuel de l'AVS ne permet pas de cibler les retraites flexibles sur les professions pénibles. Il est donc nécessaire de rechercher dans le cadre de la 11e révision «bis», actuellement en discussion au Conseil des Etats, des solutions différentes de la «rente-pont» préconisée par Pascal Couchepin, une flexibilisation vers le bas mais aussi vers le haut. Même si la 11e révision de l'AVS passe aux Etats, un référendum sera certainement lancé. Nous devons donc rechercher de nouvelles solutions.»