La France et son régime présidentiel affronteront-ils leur première initiative populaire sur l'avenir du service public et, plus précisément, la privatisation de La Poste? La tenue d'un référendum populaire est déjà réclamée par des syndicalistes. Elle est défendue avec force par le quotidien de gauche Libération. Hier, son directeur, Laurent Joffrin, s'en est fait l'avocat dans un éditorial enflammé. La décision sur le projet du gouvernement d'ouvrir le capital de La Poste ne peut être prise en dehors de la volonté populaire, «dans le confort d'un débat technique entre intéressés». Pour que ce ne soit pas «le seul marché» qui décide, écrit le journaliste, il faut saisir la nouvelle procédure référendaire autorisée par la Constitution révisée et approuvée par une large majorité du parlement français. Argument massue: «Un référendum sur le service public ne peut pas rabaisser la conscience française»... «Au moment où la population a l'impression de plus en plus forte que l'économie a confisqué son destin, le référendum fournit un moyen précieux de réhabiliter les procédures démocratiques», veut croire l'éditorialiste.