– Sur un bateau pour aller où?

– Explorer le lac Tanganyika, dans le rift est-africain. Une véritable mer intérieure dans laquelle évoluent près de 500 espèces de poissons. J’espère trouver le temps d’y aller.

– Et sur un pédalo, avec qui?

– Seul avec une canne à pêche, pour réfléchir et me dépenser à fond.

– Femez les yeux. Si je vous dis «l’eau», que voyez-vous?

– Une cascade. Son bruit. Sa fraîcheur.

– Vos premières larmes par amour?

– Trop de filles m’ont fait pleurer quand j’étais enfant.

– Votre plus belle odyssée?

– C’est forcément le projet Aqua­Ecopôle et la société du même nom que je développe depuis dix ans. Bâtir des aquariums géants à Lausanne, une idée qui semblait un peu folle et qui est pourtant en train de se réaliser.

– Et votre pire costume de bain?

– Un short large à fleurs qui ­m’arrivait au-dessous du genou. C’était la mode des caleçons baggy, qui ne ressemblaient pas à grand-chose. Je l’ai détruit pour ne laisser aucune preuve.

– Votre plus grand plongeon?

– Au fond d’un de nos aquariums, à 10 mètres de profondeur. Je suis descendu pour nettoyer les vitres, avec les poissons qui tourbillonnaient tout autour. Un moment intemporel!

– Votre record de ricochets?

– Une dizaine. Enfant, j’étais tout le temps fourré près des points d’eau que j’avais sous les yeux dans la campagne stéphanoise. Rivières, étangs, barrages, j’ai tout exploré. C’est l’aquarium que m’ont offert mes parents à 10 ans qui est à la base de ma fascination pour les bassins d’eau douce.

– Une saison en eau trouble…

– L’aventure AquaEcopôle n’est pas un long fleuve tranquille. C’est difficile de faire vivre une société comme la nôtre. On navigue au jour le jour, sans jamais savoir si la pêche sera bonne.

– Henniez bleue ou Henniez verte?

– Badoit! En clin d’œil à Saint-Etienne, ma ville d’origine. Mais seulement au restaurant. Le reste du temps, je bois l’eau du robinet.

– Ce qui vous fait perdre pied?

– Une interview comme celle-ci!

– La partie de vous que vous lavez en premier le matin?

– Mes mains au savon et à l’eau froide. J’aime les rafraîchir.

– Qu’entendez-vous quand vous avez la tête sous l’eau?

– Le cliquetis des crevettes. Le voum du courant. Le tic-tic des poissons. C’est une ambiance sonore incroyable.

– La seule musique qui soit plus belle que celle des vagues?

– Le bruissement du vent dans les arbres, avant l’orage.

– Sticks de poisson ou caviar?

– Ni l’un ni l’autre. Plutôt un bon filet label rouge. Le colin et le caviar ont une pression de pêche si forte que les stocks sont en diminution.

– L’eau est l’or bleu de demain. Qu’en pensez-vous?

– L’eau potable va être une source d’enjeux. Un bien qui se raréfie attise les convoitises et devient une marchandise.

– A quoi servent les jacuzzis?

– A gaspiller de l’eau.

– De quelle couleur est votre bonnet de bain?

– Si je devais en choisir un, il serait vert, comme ma voiture. Cette couleur est très présente autour de moi. Elle symbolise l’eau douce et l’environnement, pas au sens politique mais scientifique. C’est aussi la couleur du club de Saint-Etienne dans lequel j’ai joué!

– Quelle boisson pour accompagner votre dernier repas?

– Eau du robinet, simplement.

– Ô rage, ô désespoir…

– Non! Il y a toujours de l’espoir…

Océanographe. Notamment à l’origine du projet AquaEcopôle.