Quinze jours après l’annonce de la démission et à la veille de l’assemblée des délégués du Parti libéral-radical, quasiment rien n’a bougé. Aucun candidat ne s’est manifesté pour briguer la succession du Valaisan. Tout au plus trois radicaux, tous Genevois, ont-ils fait savoir qu’ils n’étaient pas intéressés: François Longchamp, Hugues Hiltpold et Pierre Maudet. Et c’est tout.

Tous les autres se murent dans le silence le plus absolu. Et, au PLR, tous les regards, toutes les oreilles sont tournés vers le président du parti, Fulvio Pelli. Il répète inlassablement depuis deux semaines qu’il n’est pas candidat. Ou, plus précisément, qu’il ne souhaite pas l’être.

«Peut-être plus tard»

Mais il est peut-être en train de lâcher du lest. Dans une interview publiée conjointement vendredi par la Thurgauer Zeitung et le Landbote de Winterthour, il s’est exprimé sur l’appel que lui a lancé la section tessinoise. «Je prends acte de l’appel de mon parti. Il faudra peut-être le prendre en considération plus tard. Mais je m’en tiens à ma déclaration et la répète: je ne veux pas être candidat.»

Urs Schwaller libéré

Cette petite phrase ne passe pas inaperçue, car nombreux sont ceux qui sont convaincus que le Tessinois a les meilleures cartes en main pour conserver le siège de Pascal Couchepin sous la bannière radicale. Comme le PDC compte lancer une candidature issue de ses rangs – mais personne ne s’est encore annoncé, comme au PLR! – le candidat libéral-radical devra compter sur l’appui de l’UDC.

Or, ce parti a fait savoir que certains prétendants, en particulier Didier Burkhalter et Martine Brunschwig Graf, n’auraient pas son soutien. Et on voit mal l’UDC porter sur les fonts baptismaux fédéraux un radical à sensibilité sociale tel que Pascal Broulis. Ce petit jeu a, jusqu’à maintenant, bloqué l’annonce de candidatures. L’assemblée de samedi, qui se déroule à Berne, ne permettra pas forcément d’y voir plus clair.

Du côté du PDC, la situation a légèrement évolué vendredi. La direction du parti et du groupe parlementaire a décidé de constituer un comité de candidature, dont il a confié la présidence au conseiller aux Etats lucernois Konrad Graber plutôt qu’au chef du groupe Urs Schwaller. Voilà qui libère le Singinois. «Il est nécessaire d’avoir un comité électoral capable de gérer les questions relatives à cette élection en toute objectivité et indépendance», explique-t-il. Lui-même se décidera sur une éventuelle candidature en juillet, annonce-t-il. Le groupe fera son choix le 8 septembre.