En cas de faillite, l'épargnant ne peut actuellement espérer toucher qu'au maximum 30000 francs de ses avoirs. Mais ce plafond va être revu à la hausse, a promis Eveline Widmer-Schlumpf jeudi. Et cela en deux étapes. Peut-on s'attendre à un montant minimum de garantie bancaire de 80000 ou même 100000 francs, comme demandé par le PS et le PDC? Ni elle, ni Pascal Couchepin n'ont voulu articuler le moindre chiffre. Seul indice: les décisions prises par les Etats membres de l'UE jouent le rôle de «valeurs indicatives». Or ces pays viennent de se prononcer en faveur d'un montant minimal de 50000 euros, soit environ 76500 francs.

Comme mesure immédiate, le Conseil fédéral a demandé au Département fédéral des finances (DFF) de lui préparer un message qu'il soumettra aux Chambres durant la session d'hiver. Un message prévoyant une «augmentation adéquate des dépôts protégés et des limites du système». Et qui devra régler la question du financement. Deuxième étape: réviser en profondeur le système de garantie des dépôts. Sur ce plan, le Conseil fédéral attend du DFF qu'il lui soumette un projet de réforme jusqu'à fin mars 2009 au plus tard.

Aujourd'hui, la garantie bancaire est limitée à 4 milliards de francs, ce qui ne permettrait qu'à 133333 déposants de toucher 30000 francs chacun. Les déposants de la plupart des banques cantonales bénéficient eux de la garantie de l'Etat, entière ou partielle.

En comparaison internationale, la garantie des dépôts bancaires en Suisse est faible. En France, la protection minimale est de 70000 euros, en Italie de 103291 euros et aux Etats-Unis de 100000 dollars. Les pays de l'UE viennent de décider de faire passer leur montant minimal de 20000 à 50000 euros. «Pour une période initiale d'au moins un an», précise une déclaration commune adoptée par les ministres des Finances des 27 au Luxembourg le 7 octobre. L'Islande a de son côté décidé de garantir les dépôts des particuliers de manière illimitée.