Il y a quelques mois encore, la droite neuchâteloise claironnait sa volonté de chasser la majorité rose-verte installée au Château depuis 2005. Le discours est beaucoup moins offensif aujourd’hui. Les candidats du Parti libéral-radical (PLR) et de l’UDC reconnaissent, sans le dire trop fort, que leurs chances d’obtenir un troisième siège le 5 avril sont minimes. Leur seule chance? Que Fernand Cuche, maillon faible de l’actuelle majorité, réalise un score catastrophique et soit remplacé par un UDC. Comme par magie, le ministre écologiste a retrouvé toute sa pugnacité ces dernières semaines. Il devrait logiquement être réélu.

L’enjeu principal du scrutin est de savoir quels seront les candidats PLR qui occuperont les deux sièges gouvernementaux qui semblent promis au parti. Le départ de Sylvie Perrinjaquet et le bilan décevant du ministre de la Santé Roland Debély (LT du 25.03.2009) rendent l’élection très ouverte.

L’absence de leadership sur la liste libérale-radicale a d’ailleurs constitué le principal piment d’une campagne très morne. Les candidats ont joué à fond leur carte personnelle, n’hésitant pas à se tirer dans les pattes. Comme par hasard, les attaques les plus vives ont eu lieu entre anciens libéraux (Philippe Gnaegi, Frédéric Hainard, Olivier Haussener) et anciens radicaux (Roland Debély, Claude Nicati). Quel que soit le résultat de l’élection, le parti fusionné en avril 2008 aura beaucoup de mal à retrouver la sérénité.

Majorité incertaine au parlement

Le grand défi de la gauche sera de maintenir sa fragile majorité au Grand Conseil (58 sièges contre 57). Tout devrait à nouveau se jouer pour quelques centaines de voix. Comme il y a quatre ans, le PDC – non apparenté à la droite – pourrait jouer le rôle d’arbitre. Et ce malgré un poids électoral très limité (3%).