«Mythe» ou «icône», les deux designers italiens de la nouvelle Golf ne prennent pas de pincettes pour faire l'apologie du modèle fétiche de Volkswagen. Comme les 2 CV et Coccinelle au milieu du siècle passé, la berline compacte allemande est la voiture qu'une génération entière aura connue, chacun en Europe ayant possédé une Golf ou connaissant quelqu'un qui roule avec. Le succès se transmettant de génération en génération, nonobstant les changements profonds au sein de Volkswagen et de notre société, l'équipe de la Golf n'avait qu'à faire évoluer la génération précédente. Sauf que, explique Manzoni, le designer responsable du dessin de cette sixième version, c'est justement la chose la plus difficile à faire.

En quelques coups de crayon, il explique par le trait comment son équipe a réussi à asseoir la voiture un peu mieux sur la chaussée, comment la ceinture de caisse exprime avec plus de force la notion de robustesse et, pour finir, comment la calandre de la nouvelle voiture transmet précisément ce que celle, œuvre de son compatriote Giugiaro, fit en 1974: une clarté et une simplicité des lignes qui rendent la Golf inimitable, et très rassurante. Mais pas révolutionnaire.

Le silence est d'or

A l'essai, les occupants sont tout d'abord frappés par le travail remarquable effectué par les acousticiens. Pour s'en persuader, il suffit de voyager à l'arrière d'une Phaeton, le modèle le plus luxueux de Volkswagen, puis de prendre immédiatement après les commandes de la nouvelle venue. Il n'existe pratiquement plus de différences, grâce au blindage du pare-brise, aux pneus à faible résistance au roulement et aux diverses lèvres qui scellent tout ce qui s'ouvre et se ferme.

A l'exception des palettes de changement de vitesses pour la boîte à double embrayage DSG, qui cachent les informations imprimées sur les commandes, tout est organisé de manière à ce que l'utilisation soit intuitive et permette aux occupants de se concentrer qui sur la route, qui sur le confort de marche. Et, en la matière, la Golf est maintenant une grande voiture, malgré ses cinq mm et ses quelques kilos en moins. Plus que jamais, il est possible et même agréable de faire de la route avec elle. En revanche, le conducteur cherche en vain des sensations de conduite avec les deux moteurs quatre cylindres de 1,4 l compressés et turbocompressés, tant tout a été mis sous contrôle. Les ingénieurs affirment que c'est ce que la clientèle typique de la Golf désire: retrouver année après année une bonne voiture toujours un peu meilleure, mais jamais vraiment différente. Et, comme l'acheteur typique d'une Golf n'existe pas, la voiture étant appréciée par toutes les classes sociales, VW doit ratisser large...

Les maîtres mots furent donc le nom, qui ne change pas d'une génération à l'autre au contraire d'une bonne partie de la concurrence, et la qualité perçue. A elles deux, ces lignes directrices font que la voiture, qui n'est pas forcément meilleure qu'une Ford, qu'une Peugeot ou qu'une Seat, sera préférée par ce qu'elle promet: la continuité. On se sent donc immédiatement à l'aise dans la nouvelle Golf; on n'est pas particulièrement ému non plus, mais c'est un peu comme rentrer à la maison le soir, après le travail. C'est souvent agréable de savoir que chez soi est une réalité immuable.