Joël Maillard est le prototype de l'artiste intranquille. Excellent interprète dans les spectacles de Guillaume Béguin (Le Baiser et la Morsure, Le Théâtre sauvage) et dans Seule la mer, dernière et superbe création de Denis Maillefer, le jeune homme qui s'est destiné d'abord à la boulangerie aime travailler la pâte théâtrale. Il l'a prouvé dans des créations personnelles, depuis 2012: Rien voir, pièce sonore à écouter couché seul dans le noir, Les Mots du titre, performance photographique, Ne plus rien dire, monologue pour un cercle de parole, et Rien à faire, slogans à lire autour d'une table. Chaque fois, une sorte de retour aux sources à l'art de la scène avec ces questions liminaires: quoi dire, que ressentir, quoi faire? Dans Pas grand-chose plutôt que rien, Joël Maillard poursuit dans le même esprit et propose «une assemblée qui choisit des images et des sons au cours de processus plus ou moins démocratiques». Et participatifs. Il n'y aura pas de corps en scène, mais des voix. Celles de Charlotte Dumartheray, Adrian Filip, Joëlle Fontannaz et Jean-Louis Johannides. Une expérience à vivre.