Iran

Grande incertitude dans les élections en Iran

La participation a été en baisse par rapport au précédent scrutin. Les conservateurs ultra pourraient perdre des sièges

Les résultats partiels des élections en Iran publiés samedi ne permettaient pas encore de dégager de tendance claire. Les alliés réformateurs du président modéré Hassan Rohani espèrent battre les conservateurs en misant sur l'avancée représentée par l'accord nucléaire.

Environ 60% des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes vendredi pour ces élections organisées pour former le Parlement et l'Assemblée des experts qui nomme le guide suprême. Ces deux instances sont actuellement dominées par les conservateurs.

Le président Rohani mise sur l'accord nucléaire de juillet 2015 avec les grandes puissances. Il a ouvert la voie à la fin de l'isolement de l'Iran, pour obtenir une majorité au Parlement afin de poursuivre sa politique d'ouverture.

Des résultats encore peu probants

Sur des résultats officiels portant sur 56 sièges du Parlement, soit près de 20% des 290 sièges, il y a 19 élus conservateurs, neuf réformateurs, un élu soutenu à la fois par les conservateurs et les réformateurs et 14 indépendants qui ne figurent sur aucune des deux grandes listes, selon l'agence Isna.

Parmi ces 14 indépendants, six sont proches des conservateurs et cinq des réformateurs. La tendance des trois autres est inconnue. Un second tour sera organisé, à une date indéterminée, pour 13 sièges non pourvus.

Hassan Rohani en tête dans la province de Téhéran

A l'élection pour l'Assemblée des experts, Hassan Rohani et l'ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani arrivent en tête dans la province de Téhéran, sur 1,5 million de bulletins dépouillés (sur un total de 3,9 millions).

Trois religieux conservateurs figurent également en position d'être élus. Il s'agit de l'ayatollah Ahmad Janati, chef du Conseil des gardiens de la constitution, l'ayatollah Mohammad Yazdi, chef de l'Assemblée des experts, et l'ayatollah Mohammad Taghi Mesbah Yazdi. Les réformateurs espéraient pouvoir les éliminer de l'Assemblée.

Traditionnellement, les conservateurs sont bien implantés dans les zones rurales tandis que les modérés proches de Hassan Rohani ont les faveurs des jeunes urbains.

Un glissement vers le centre

Le nombre de candidats indépendants élus pourrait laisser présager un glissement vers le «centre». «Ce qui est sûr, c'est qu'il y aura moins d'ultraconservateurs dans le prochain Parlement», a déclaré Said Laylaz, analyste iranien proche des réformateurs.

Environ 33 millions des 55 millions d'électeurs ont voté, selon le ministère de l'Intérieur, soit environ 60%, moins que lors des législatives de 2012 (64,2%). A Téhéran, la participation a été de 42%, contre 48% en 2012.

Les résultats définitifs, qui devront être confirmés par le puissant Conseil des gardiens de la constitution (conservateur), ne sont pas attendus avant plusieurs jours. Ceux de Téhéran et de ses 5,5 millions d'électeurs sont au plus tôt attendus lundi.

Une visite suisse

Au reste, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, président de la Confédération cette année, effectue une visite officielle en Iran. A la tête d'une délégation de représentants d’entreprises et d'institutions publiques, il passe trois jours pour établir des contacts dans ce pays en cours d'ouverture.

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