La commission de la politique de sécurité du Conseil des Etats temporise concernant les Gripen. Elle ne se prononcera que lorsque le Conseil fédéral aura présenté le programme d’armement et ses réponses aux critiques de la commission du National.

La commission sénatoriale a été informée des derniers développements concernant l’achat de 22 avions de combat au suédois Saab. Thomas Hurter (UDC/SH) a présenté les conclusions du rapport rédigé par une sous-commission du National qu’il a présidé et le ministre de la défense Ueli Maurer a confirmé les garanties apportées récemment par la Suède dans un accord, ont indiqué mardi les services du Parlement.

Rebondissements

Les rebondissements se sont multipliés concernant l’acquisition des Gripen. Il y a deux semaines, la commission du National s’est montrée très critique face au choix du Conseil fédéral, le plus risqué, selon elle. Elle craint notamment que le calendrier prévu ne soit pas respecté et que la facture n’explose.

Une semaine plus tard, Ueli Maurer s’est voulu rassurant en présentant un accord passé avec Stockholm. L’achat de 22 Gripen coûtera 3,126 milliards de francs et pas davantage, a-t-il notamment assuré.

Le projet devrait être soumis en novembre au Parlement dans le cadre du programme d’armement, parallèlement à une loi sur le fonds servant à financer l’avion et qui pourra être combattue par référendum. Une alliance des mécontents pourrait se dessiner. A gauche, on ne souhaite pas un nouveau jet. A droite, on veut un nouvel avion, mais le soutien à l’engin suédois est plus que vacillant.

Limiter les dégâts

La commission attend par ailleurs le rapport d’Ueli Maurer sur le système d’information et de conduite des Forces terrestres, acheté pour quelque 700 millions. «La procédure d’acquisition ne s’est pas déroulée sous les meilleurs auspices, loin s’en faut», note-t-elle.

Il s’agit maintenant de limiter les dégâts. La commission entend suivre régulièrement l’avancée du dossier et se pencher sur les leçons à tirer de cette affaire.

Le système aurait dû permettre aux hauts gradés de diriger les batailles depuis un écran d’ordinateur. Contrairement aux attentes, les différents composants ne peuvent pas être mis en réseau, sauf s’ils sont connectés à un emplacement de télécommunication fixe.

Le Département de la défense a finalement opté en faveur d’une réduction temporaire de la diversité d’engagement, à savoir que les échelons inférieurs de l’armée n’en seront provisoirement pas équipés. L’engagement mobile ne pourra être réalisé qu’après l’achat de nouveaux appareils, pas avant 2018.