Inquiet, le canton de Neuchâtel a décidé de mettre sur pied un état-major, composé de onze membres. Et envisage de supprimer plusieurs festivités pour éviter la propagation du virus. Adjoint au Service neuchâtelois de la sécurité civile et militaire et membre de l’état-major de crise, Patrick Möckli détaille le dispositif.

Le Temps: Quel est l’objectif principal de l’état-major de crise mis sur pied par le canton?

Patrick Möckli: Dès le mois d’août, lorsque les vacanciers rentreront, les risques de contracter le virus H1N1 vont passablement croître. Il pourrait y avoir entre 20 et 25% de personnes malades, soit 40 000 individus sur le sol neuchâtelois. A l’heure actuelle, six cas de personnes contaminées ont été recensés dans le canton. Lorsque le seuil de 500 cas sera atteint, on pourra parler d’épidémie. Dès lors, afin d’anticiper une pandémie, il a fallu créer un état-major chargé d’élaborer un plan pour éviter la propagation du virus. Ce dernier est composé de onze membres, qui se rencontrent une fois par semaine afin de trouver des solutions en cas de pandémie. Par exemple, si une école était touchée par le virus à la rentrée scolaire, cette dernière fermerait ses portes provisoirement. Cela va être de même pour les entreprises. Par conséquent, il serait primordial d’éviter tout regroupement.

– Justement, vous évoquiez hier dans «L’Express» l’annulation envisagée de la Fête des vendanges, de la Braderie et de la Boudrysia. Quelle est la probabilité d’en arriver là?

– A la rentrée scolaire, le risque est élevé de voir le virus H1N1 se répandre. Pour limiter cette propagation, il est important d’éviter tout rassemblement comme ceux qu’entraîne la Fête des vendanges. L’hypothèse de sa suppression ne peut pas être totalement écartée. Mais ce scénario est extrême et nous espérons ne pas en arriver là. Avant d’envisager cette mesure drastique, nous pourrions envisager de distribuer des flyers invitant le public à se laver régulièrement les mains ou à éviter de se serrer la main.

Les communes organisatrices de ces événements auront-elles tout de même leur mot à dire?

– Non, car le Conseil d’Etat a les pleins pouvoirs en cas de pandémie et il est le seul à pouvoir décider du sort de ces manifestations. Dès lors, sur proposition de l’état-major de crise, le Conseil d’Etat pourrait décider de supprimer une manifestation. Ni les communes, ni les organisateurs ne pourraient s’y opposer.

– A ce jour, il n’est jamais arrivé qu’une manifestation soit annulée dans le canton pour cause de pandémie. Et j’espère que cette année n’échappera pas à la règle.