La guérilla du logement

En dépit de son appartenance à la majorité de gauche de l’exécutif, le premier mandat de l’ancien syndicaliste Rémy Pagani a été marqué par les ruptures de collégialité. Sur le budget, la loi sur le chômage, et surtout l’extension de l’OMC, qu’il a combattue. A cela se sont ajoutées ses propositions de réformes lancées en solo en 2010 – pour une caisse maladie municipale notamment – et les manifestations, où il a défilé aux côtés de contestataires divers, estimant le fait compatible avec sa fonction. Car l’élu est tiraillé entre sa formation, qui lui demande des comptes, ses pairs de l’exécutif, et les élus du Conseil municipal (parlement) lassés de ses demandes de crédits déposées en urgence.

A la tête de l’Aménagement, l’édile, derrière lequel se dessine l’ombre de l’ex-conseiller d’Etat Christian Grobet, a mené une guérilla d’opposition à la politique cantonale du logement. Inacceptable car elle privilégie la PPE (propriété par étages), clame-t-il, il s’est livré, avec le libéral Mark Muller, son homologue du canton, à une sclérosante guerre des recours. Il a aussi favorisé la construction de logements sociaux (690 sur le millier réalisés en quatre ans).

Pour le reste, le magistrat a effectué la première phase de la rénovation de la plaine de Plainpalais. Mais la suite de l’opération s’annonce déjà comme un casse-tête pour respecter le budget. L’élu a aussi mené à bien, avec Pierre Maudet, le remplacement des pavillons de la Rade. Dans le dossier de la patinoire des Vernets, il joue une partie serrée. Après une première série de travaux, une autre rénovation est à l’étude, mais la question qu’il faudra trancher est celle d’une nouvelle patinoire en Ville.

En matière de mobilité, outre sa déconcertante proposition d’installer des remonte-pentes pour vélos dans certains quartiers, l’édile vient de rendre sa copie proposant de fermer au trafic une première série de 50 rues, pour concrétiser une initiative des Verts.