Ce soir à Fribourg, elle ouvre pour Mono, maîtres de la scène post-rock japonaise. Mais soyez très attentifs à elle: Helen Money – Alison Chesley de son vrai nom – est une artiste comme on en voit trop rarement. Son vocabulaire paraît relativement simple: un violoncelle, une pédale de looping, un rack d'effets. Elle n'est pas seule dans ce domaine: en zone francophone, Cécile Schott (alias Colleen) ou Agathe Max (au violon) font de même. Mais l'énergie que Money déploie à partir de ce pauvre substrat est celle d'une intimité beaucoup plus bousculée: l'ampleur native de son instrument de prédilection est chez elle redoublée par une forme de rugosité rageuse, sombre, écrasante – son violoncelle crache, martèle, se distord, couine, hante, sort du cadre. On comprend dès lors aisément pourquoi l'un de ses compagnons de route réguliers se nomme Steve Albini, et pourquoi sa dernière production en date a pris la forme d'un duo avec Jarboe, ex-commensale de Swans (Jarboe & Helen Money, paru cette année même chez Aurora Borealis).