Dans les années 90, la grande famille du metal donnait naissance à un groupe aux pratiques musicales étranges : la formation en question se nommait Sleep, et reste encore aux oreilles de beaucoup comme le parangon et le fondateur d’une esthétique qui allait s’appeler stoner : musique répétitive, lourde, marquée des liens que certains groupes des années 70 avaient déjà pu nouer avec les modes indiens. En 1996, le trio enregistrait son chef-d’œuvre : Dopesmoker, qui, au vu de sa structure (un seul titre, 60 minutes) et peut-être des étranges usages récréatifs qu’il promouvait, ne sera publié qu’en 2003 chez Tee Pee Records. Entretemps, Sleep splittait : Chris Hakius (batterie) et Al Cisneros (basse et chant) s’en allèrent former la merveille OM, qu’on qualifiera de blues du Gange. Matt Pike (guitare) choisit une voie beaucoup plus énervée en fondant High on Fire, grande formation de metal coulissé, nerveuse et souple comme un fauve. Du rêve à la veille.

Winterthour.Gaswerk, Untere Schöntalstrasse 19. Sa 27 juin à 20h30. (Rens. www.gaswerk.ch)