Primaires américaines

Hillary Clinton contient Sanders et Trump conforte son avance

Donald Trump a triomphé samedi lors de la primaire républicaine en Caroline du Sud. Chez les démocrates, Hillary Clinton s'est imposée dans le Nevada, relançant sa campagne poussive avant les grandes primaires du 1er mars

L'étape de Caroline du Sud, la 3e sur la route des primaires républicaines, a été fatale à Jeb Bush. L'ex-gouverneur de Floride a annoncé, les larmes aux yeux, qu'il jetait l'éponge après avoir fini à une lointaine 4e place, laissant cinq candidats en lice pour l'investiture du Grand Old Party (GOP).

Trump écrase ses adversaires

Après dépouillement dans 99% des bureaux de vote, Donald Trump s'imposait avec 32,5% des voix, devant Marco Rubio (22,5%), Ted Cruz (22,3%), Jeb Bush (7,8%) John Kasich (7,6%), et Ben Carson (7,2%). Son succès, annoncé une demi-heure après la fermeture des bureaux de vote, a été accueilli par une immense ovation dans la salle où il a ensuite prononcé son discours de victoire à Spartanburg.

Donald Trump obtiendrait ainsi 44 délégués en vue de la convention du Parti républicain en juillet. Il avait déjà remporté le New Hampshire le 9 février dernier après avoir été battu par l'ultraconservateur Ted Cruz dans les caucus de l'Iowa, qui ont donné le coup d'envoi de la campagne des primaires le 1er février.

Trump s'est montré confiant dans le fait que les partisans de ses douze concurrents ayant abandonné vont tomber dans son escarcelle et pas se liguer contre lui. Confiance également dans sa performance à la prochaine primaire républicaine dans le Nevada mardi - «Nous allons être fantastiques» - et pour le «Super Tuesday» quand 11 Etats voteront le 1er mars - «Nous allons être très, très bons».

«On repart à la guerre demain matin», a-t-il lancé. «Cela va être difficile pour lui de dérailler à ce stade», estime Hogan Gidley, ancien conseiller de l'ex-candidat républicain Mick Huckabee.

Lire aussi: «Pourquoi Trump peut remporter les primaires républicaines»

Côté démocrate, Hillary Clinton a remporté les caucus du Nevada avec 52,7% des voix face à la concurrence plus rude que prévu de son rival Bernie Sanders (47,3%). La popularité de ce dernier se confirme chez les jeunes - 72% des moins de 45 ans se sont ralliés à lui -, mais aussi dans toutes les autres catégories de démocrates.

«Certains avaient peut-être douté de nous, mais nous n'avons jamais douté», a déclaré Mme Clinton lors d'un discours à Las Vegas. Pour la première fois du cycle des primaires, l'ex-ultra favorite pouvait savourer une victoire, même courte. «Nous avons le vent dans le dos», a dit pour sa part Bernie Sanders dans un discours à Henderson, près de Las Vegas.

La petite marge avec laquelle l'ex-secrétaire d'Etat s'impose, dans un Etat où elle était supposée l'emporter très largement, suggère que la course à l'investiture du Parti démocrate pour la présidentielle du 8 novembre pourrait être longue et disputée. Sanders avait débuté avec une notoriété quasi-nulle, 30 points derrière Clinton dans les sondages l'été dernier.

La prochaine étape pour Hillary

La prochaine étape des primaires démocrates aura lieu le 27 février en Caroline du Sud. Mais Bernie Sanders s'est fixé comme grande échéance le «Super Tuesday» du 1er mars. Il a également affirmé que la convention démocrate de juillet à Philadelphie, qui entérine la nomination du candidat à la présidentielle, serait le théâtre de «l'un des plus grands bouleversements dans l'histoire américaine».

L'équipe de campagne de Hillary Clinton a assuré qu'après un début mitigé, l'ancienne First Lady va passer en tête dans les Etats où la population est plus mêlée, qui l'ont traditionnellement soutenue et qui sont plus réticents envers Bernie Sanders.

Les débuts mitigés seraient passés

Les premières analyses du vote dans le Nevada appuient en partie cette hypothèse, puisque Bernie Sanders n'a remporté que 22% des suffrages de l'électorat afro-américain contre 76% pour Clinton. Il a en revanche gagné parmi les Hispaniques, par 53% contre 45%. Dans le Nevada, les Hispaniques et les Afro-Américains avaient représenté près d'un tiers de l'électorat démocrate en 2008.

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