Depuis cinq ans, la Honda Jazz, plus petite voiture proposée par le constructeur japonais en Suisse, y est le modèle le plus vendu. Produite aussi bien au Japon qu'en Chine ou au Brésil, elle a séduit les automobilistes grâce à une utilisation très judicieuse de son espace intérieur. La banquette arrière «magique», comme se plaît à la décrire Honda, permet de transporter aussi bien une belle plante bien droite dans son pot, derrière les sièges avant, qu'une armoire à glace de 1,72 m dans son coffre. Tout un programme.

La quatrième version de cette citadine reprend le leitmotiv des Jeux Olympiques: plus loin, plus haut, plus fort. Et, exploit, elle n'y ajoute pas plus lourd. La Jazz qui arrivera en novembre n'est pas bodybuildée; elle fait au contraire meilleur usage d'aciers à très haute résistance et, malgré ses cotes en légères hausse, elle ne se fait voler la place de plus fine de l'équipe que par la Mazda2. La Jazz ne pèse en effet que 1047 kg.

Pas de turbo ni de diesel pour le Jazz, dans un segment guidé, en Suisse, par la Peugeot 207. Et ses 16,5% de moteurs à autoallumage. Dans l'Union européenne, ce déficit lui interdira le podium.

Honda se fie en effet à sa maîtrise de la distribution variable en temps réel, appelé i-VTEC, pour accroître la puissance de 1,2l et 1,4l, tout en baissant leur consommation. Le premier atteint 90 ch, soit la puissance exacte de l'ancien 1,4l. Il peut se satisfaire de 5,1 l d'essence aux cent mais, surtout, il se cale à 120g de CO2 émis par kilomètre, une valeur symbolique. Honda y arrive en faisant tourner ses moteurs toujours plus vite, jusqu'à 6500tr/min aujourd'hui, et ces mécaniques restent pourtant très discrètes. Et particulièrement propres. Mais, face aux derniers développements de Peugeot, dont les petits moteurs furent conçus par BMW, de Renault ou de Volkswagen, la Honda Jazz va devoir exploiter ses autres qualités plutôt que le binôme puissance-couple. En effet, les moteurs diesel ont appris aux automobilistes à conduire sur le seul couple, avec un oeuf frais là, exactement sous le pied droit, alors que les moteurs Honda adorent qu'on les cravache. En cette période de précautions, les automobilistes seront-ils prêts à reprendre une conduite sportive, symbole d'une période en voie d'obsolescence?