L'événement a le prix de la rareté: une nouvelle marque, Infiniti, s'apprête à faire son entrée sur la scène helvétique en cet automne 2008. Infiniti, il n'y a pas de honte à ne pas le savoir, est l'antenne de luxe de Nissan, au même titre que Lexus pour Toyota ou Acura pour Honda.

Longtemps réservées à la clientèle américaine, les Infiniti rêvent désormais d'horizons plus larges et entendent faire petit à petit leur nid sur l'Ancien Continent, sur le terrain même des grandes berlines allemandes arborant fièrement étoile, anneau ou hélice d'avion.

Infiniti a établi ses quartiers européens entre Lausanne et Genève, à Rolle pour être précis, mais c'est une société indépendante, Sarenne Motors SA, qui a pour mission de piloter l'introduction de la marque sur le territoire suisse.

Son patron, Philippe Talou- Derible, n'a rien à découvrir des particularités, que l'on sait spécifiques, de ce marché, puisqu'il dirigea il y a quelques années Renault Suisse. «Après avoir travaillé pendant de longues années pour Renault, en Suisse, en Angleterre, puis au sein de Renault Sport, l'envie était en moi de me lancer dans une aventure plus personnelle. Comme j'avais, en sus, le sentiment de n'avoir fait qu'un trop bref passage en Suisse, l'opportunité tombait en quelque sorte à pic. Même si je sais que le défi n'a rien d'une sinécure.»

Les responsables de Lexus ne devraient pas dire le contraire... Que ce soit en Europe ou en Suisse, la marque satellite de Toyota n'a pas décollé avec la même facilité que sur le continent nord-américain. De loin pas. «S'il fallait établir une comparaison, nous a encore dit Philippe Talou-Derible, je dirais que nous avons l'avantage de présenter sur la ligne de départ une gamme forte de quatre modèles, ce qui n'était pas le cas de Lexus à l'heure de ses premiers pas. Il s'agit en l'occurrence d'un gros SUV baptisé «FX», du crossover EX, de la berline et du coupé de la série G. Cette offre est par ailleurs appelée à s'enrichir à court terme, notamment avec l'introduction, dès 2010, de motorisations diesel.»

L'homme connaît trop bien le monde de l'automobile pour savoir que l'on n'affronte pas Mercedes, Audi ou BMW sans solides munitions. «Il faut accepter qu'un certain nombre de marques soient solidement installées dans la place et il faudra savoir faire preuve de patience. Notre stratégie est de nous installer sans précipitation et d'assurer avant toutes choses à notre clientèle un service très personnalisé, ce que les constructeurs à gros volumes ont peut-être plus de difficultés à mettre en place.»

Sur le plan logistique, Infiniti va ouvrir sa première antenne cet automne à Zurich. Suivront les showrooms de Genève, puis d'Etoy, dans le canton de Vaud, puis ceux de Bâle et de Berne. «A l'horizon 2012, précise Philippe Talou-Derible, nous devrions pouvoir compter sur sept ou huit points de vente dédiés à la marque. Grâce la formule dit de l'enlèvement à domicile, qui évite tout déplacement au client, nous serons toutefois immédiatement opérationnels sur tout le territoire. En termes de chiffres, nous tablons sur quelques centaines de ventes l'année prochaine, qui viendront s'ajouter aux quelque 500 Infiniti qui, par la grâce des importations directes, roulent déjà sur les routes helvétiques.»