La législature de l’ébauche

Commentaire

Après quatre ans, les cinq magistrats de la Ville offrent tout au plus un bilan en demi-teinte. Ils ont évité les scandales et les règlements de comptes publics qui avaient entaché la précédente législature, mais les Genevois n’en attendaient pas moins. Ils ont aussi lancé des réformes, mais les plus importantes n’ont pas encore fait leurs preuves, et ils ont consacré beaucoup d’énergie à combattre le canton.

Au chapitre des points positifs, on relève la volonté de rupture, affichée par les deux benjamins, Sandrine Salerno et Pierre Maudet, avec une certaine culture de l’arbitraire. Par les changements de pratiques engagés à la gérance immobilière (GIM) et dans la gestion du domaine public notamment. Mais il faudra attendre la prochaine législature pour juger de l’efficacité de la réforme de la GIM. Idem pour celle de la police municipale.

Les élus peuvent inscrire une grande réalisation à leur actif: la plaine de Plainpalais nouvelle, attendue depuis vingt ans. Mais au-delà des appréciations esthétiques contrastées dont elle fait l’objet, elle prend des airs de bourbier politique pour Rémy Pagani, qui aura bien du mal à tenir ses budgets pour terminer la rénovation, et pour Pierre Maudet, qui devra assurer son difficile entretien en y allouant, semble-t-il, des ressources considérables.

Cette législature a été marquée, une fois de plus, par une lutte acharnée et stérile contre le canton. En matière de logement – alors que la pénurie règne –, de subventions AVS/AI, ou encore dans le cadre du vote cantonal sur les baisses fiscales.

Dans cette affaire, l’exécutif de la Ville, qui annonçait à grand bruit un impact néfaste de la réforme sur ses finances, a vu ses prévisions désavouées. C’est donc avec une crédibilité toute relative qu’il s’apprête, lors de la prochaine législature, à livrer bataille contre des réductions fiscales autrement plus lourdes, avec la suppression de la taxe professionnelle et la réforme projetée de la fiscalité des entreprises.