Commentaire

Intolérable attaque contre la presse

«Le Temps» considère la mise en cause et l’interrogation de son envoyée spéciale en France, à Briançon comme intolérable. Cette expérience laisse un âpre constat: même en France, les droits des journalistes peuvent être bafoués

La liberté de la presse n’est pas seulement une valeur qui parle à ceux qui exercent la profession de journaliste. Elle doit être chevillée au cœur de tous. Et plus particulièrement à celui des représentants des autorités mis en place par des gouvernements démocratiquement élus. Malheureusement, pas besoin d’aller très loin pour constater que les droits des journalistes peuvent être bafoués de la manière la plus crasse.

Ce week-end, une journaliste du Temps a vécu une aventure particulièrement désagréable avec les forces de l’ordre françaises à l’occasion d’un déplacement professionnel.

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Envoyée par le journal pour effectuer un reportage sur les nouvelles routes empruntées par les migrants, Caroline Christinaz a été convoquée puis interrogée durant deux heures à la gendarmerie de Briançon, ville du sud de la France à trois heures de Genève. Sa qualité de journaliste en mission n’a jamais été entendue par les autorités, qui l’ont immédiatement considérée comme suspecte dans un contexte de forte mobilisation des forces de l’ordre pour refouler les migrants dans cette région.

Lors de son interrogatoire, notre consœur a subi des tentatives d’intimidation de la part des gendarmes et du procureur, qui l’ont mise en cause alors qu’elle ne faisait qu’exercer sa profession. Ce n’est tout simplement pas tolérable.

La France est classée en 39e position dans le palmarès établi chaque année par Reporters sans frontières, la Suisse 7e. Dans son rapport annuel, RSF relève chez notre voisin «une recrudescence de pratiques violentes des forces de l’ordre contre des reporters». Nous en avons été les victimes ce week-end et nous le déplorons vivement. Ce n’est pas digne de la France à qui nous demandons des explications et des excuses via ses représentants en Suisse.

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