Isabelle, 4e année de Lettres, Lausanne. «On pousse au travail au noir»

«Je vais finir mon bachelor en 4e année, car avec le système de Bologne,

«Je vais finir mon bachelor en 4e année, car avec le système de Bologne, il n'est pas possible de tout faire dans les délais, si l'on travaille à côté. J'avais en outre fait un changement d'orientation en fin de première année, ce qui m'a retardée dans une discipline de base. On doit savoir exactement ce que l'on veut, on n'a pas droit à l'échec.

Maintenant, j'ai une aide au logement de 480 francs par mois, une autre de 400 francs et une bourse d'études de 6000 francs au maximum par année. Mes parents n'ont en effet aucun revenu et ne peuvent rien me donner. Je travaille dans une boulangerie et je suis caissière dans une Migros, pour trois demi-journées par semaine au maximum. Là, j'ai de la chance, car nous sommes tous des étudiants dans ce supermarché, nous pouvons donc nous arranger pour le planning durant les périodes d'examens.

J'avais dû me battre pour obtenir ma première bourse, 800 francs pour une année, car j'étais en conflit avec mon père et il ne voulait pas me donner certains documents. L'Office des bourses ne prenait pas en considération les situations familiales conflictuelles. Ils ont changé cette règle, heureusement. Par contre, ils imposent un quota de 500 francs de gains venant des petits boulots, sinon ils baissent la bourse. Si on discute, ils nous renvoient aux services sociaux... Un système qui pousse les gens à ne pas déclarer des revenus.»

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