Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shaherkani est l’une des deux premières femmes saoudiennes sélectionnées pour participer à des Jeux Olympiques. A cause d’une problématique de port de voile, elle a failli ne pas pouvoir concourir.

Avant de se rendre à Londres, la jeune judoka a signé un accord avec la fédération olympique saoudienne disant qu’elle n’était «autorisée à concourir qu’en portant une tenue correcte et approuvée, correspondant aux principes de l’islam», explique Razen Baker, représentant du comité national olympique saoudien, à la chaîne britannique CNN.

Le problème, c’est que pour des impératifs de sécurité, les judokas sont en principe tenus de combattre la tête nue, raison pour laquelle aucun accord n’avait encore été trouvé lundi, entre les instances nationales saoudiennes et le Comité international olympique. Le père de la jeune femme avait alors menacé de retirer sa fille de la compétition.

La bonne nouvelle est finalement tombée mardi: sous l’auspice du CIO, la fédération internationale de judo et le comité olympique saoudien ont conjointement décidé de l’autoriser à porter le voile lors de son combat de vendredi contre la Cubaine Melissa Mojica.

«La Fédération (internationale) de judo va l’autoriser à couvrir sa tête de quelque chose qui ne compromettra pas sa sécurité et qu’ils utilisent dans les compétitions en Asie», a déclaré une porte-parole du CIO, estimant que «c’est une solution acceptable pour toutes les parties. Le type de vêtement ou d’accessoire que la jeune judokate pourra utiliser n’a cependant pas été précisé.

Cette mesure n’est pas une première dans le cadre des Jeux Olympiques: des athlètes comme l’Australienne Cathy Freeman ou l’Américain Florence Griffith-Joyner avaient déjà porté des tenues comprenant une capuche moulante sur les pistes d’athlétisme. Mais à l’époque, la dimension religieuse n’était pas au cœur des négociations.