Joe Jimenez, la surprise

Mardi, Novartis a annoncé la désignation de l’Américain Joe Jimenez pour succéder à Daniel Vasella à la tête de la direction générale du groupe pharmaceutique. Il reprendra, début février, les rênes d’une entreprise qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 44 milliards de dollars

Nouveau venu, Joe Jimenez est entré chez Novartis il y a moins de trois ans. Sa nomination a surpris car il ne dispose pas d’une longue expérience dans l’industrie pharmaceutique, dont les règles commerciales sont très particulières. «C’est vrai, mais il est entouré d’une équipe qui maîtrise parfaitement le domaine», souligne un observateur, confiant dans la capacité du nouveau dirigeant de mener la barque Novartis à bon port.

De formation commerciale, Joe Jimenez, 50 ans, a démontré ses talents de vendeur et sa capacité à augmenter les marges bénéficiaires lorsqu’il a fait carrière chez Heinz, leader du ketchup et des condiments. C’est sans doute ce qu’attend de lui le conseil d’administration de Novartis, qui loue son aptitude à «diriger, coordonner et galvaniser les équipes». Dès son arrivée chez Novartis, dans la division ingrate des médicaments délivrés sans ordonnance (OTC), il a rapidement prouvé sa capacité, dans un environnement concurrentiel, à lancer de nouveaux produits et à augmenter les marges bénéficiaires dans un domaine nettement moins profitable que celui de la vente de médicaments brevetés. A l’heure où la pression des autorités sur les prix des médicaments augmente, cela a dû faire pencher la balance. L’une des premières suggestions du nouveau patron consiste d’ailleurs à faire rentrer plus rapidement l’argent dans la caisse de Novartis en divisant par deux le délai moyen de 200 jours entre la production d’un médicament et son paiement par le grossiste.

Les défis qui attendent Joe Jimenez, ancien nageur sportif, sont nombreux. Il devra, en priorité, mener à bien l’acquisition et l’intégration d’Alcon, que Novartis paiera plus de 50 milliards de dollars. On peut parier que Daniel Vasella, qui conserve sa casquette de président du conseil d’administration, sera directement associé à la manœuvre, similaire à celle qui avait conduit, dans la douleur, au contrôle de Chiron dans le domaine des vaccins. L’Américain devra aussi prouver qu’il peut, en deux ans, compenser par de nouveaux produits la perte des brevets du «blockbuster» Diovan qui a généré des ventes de 6 milliards de dollars en 2009.