Gentiment outrancier et scandaleux, le réalisateur de Baltimore avait été l'invité d'honneur du Lausanne Underground Film Festival en 2012. «J'aime la Suisse, disait-il alors. C'est le seul pays du monde où les riches savent se comporter. Ils n'achètent pas des voitures de sport mais des œuvres d'art.» Eh bien le voilà justement qui expose ses œuvres d'art, car l'homme est évidemment un touche-à-tout, à Zurich. Le Kunsthaus s'est vu offrir une quarantaine de ses œuvres par Matthias Brunner, producteur de cinéma, collectionneur, commissaire d'exposition, bref, lui aussi touche-à-tout.

Parmi les pièces exposées figure Tragedy, une petite sculpture créée cette année pour le magazine Parkett. Ce cruel scalp d'acrylique et de silicone évoque la mort tragique de Jayne Mansfield en 1967 dans un accident de voiture. Les œuvres de John Waters fonctionnent visiblement sur un mode assez analogue à ses films, critiques ironiques des modes de communication de l'art et du cinéma.

Des photographies de films sont aussi à découvrir au Kunsthaus. Et John Waters viendra se raconter, rendez-vous incontournable de tous les événements qui le concernent, lors de la conférence performative qu'il rôde depuis longtemps, «This Filthy World», le 23 septembre à 18h30. Il y a sans doute des amateurs qui l'ont vu à Lausanne et le reverront à Zurich. C'est cela, une icône du 7e art.