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La justice française met son veto à l’autorisation du Roundup

Selon les juges, il y a eu une erreur d’appréciation dans les conclusions de l’agence responsable de la sécurité sanitaire

Le Tribunal administratif de Lyon a annulé mardi l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360, un désherbant de Monsanto contenant du glyphosate, une substance controversée et soupçonnée notamment d’être cancérigène.

Les juges ont estimé que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait «commis une erreur d’appréciation au regard du principe de précaution» en autorisant ce produit le 6 mars 2017.

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Le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen) avait saisi en mai 2017 la justice pour réclamer le retrait de ce désherbant, utilisé notamment sur les cultures légumières et fruitières. «C’est une décision absolument majeure, car elle devrait concerner tous les Roundup, le tribunal considérant que tous les produits contenant du glyphosate sont probablement cancérogènes», s’est félicité l’avocate de la Criigen, Me Corinne Lepage.

Autorités sanitaires compromises

La décision intervient alors que le débat fait rage en France et en Europe, y compris en Suisse, sur la potentielle dangerosité du glyphosate, principe actif du Roundup de Monsanto, filiale depuis 2018 du géant allemand de la chimie Bayer. Toujours mardi, des eurodéputés ont critiqué les autorités sanitaires allemandes d’avoir plagié des pans entiers de l’argumentaire de Monsanto dans le dossier remis au moment du renouvellement de l’autorisation de l’herbicide en 2017.

En août, la justice américaine a créé un précédent en condamnant le géant de l’agrochimie à verser 289 millions de dollars à Dewayne Johnson, jardinier souffrant d’un cancer qu’il attribue aux effets du Roundup.

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En Suisse, la question de l'abandon progressif

En Suisse, le Conseil national a soutenu en septembre 2018 un postulat d'Adèle Thorens (Verts/VD) demandant au Conseil fédéral d'établir un rapport sur la question d'un abandon progressif du glyphosate.

Les Chambres fédérales devraient à nouveau devoir se prononcer sur le sujet à la suite d'une initiative cantonale de Genève. A une très courte majorité, le parlement genevois demande l'interdiction pure et simple du produit.


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