Par sondage interne, la rédaction de la «SonntagsZeitung», un des grands journaux alémaniques du dimanche (publié par le groupe Tamedia), vient de se prononcer, dans son édition du 21 décembre, sur les 30personnalités qu'elle estime «à la hausse» en Suisse durant l'année 2008 (les «Aufsteiger») et les 30 autres jugées «à la baisse» (les «Absteiger»). Et la gagnante est: Eveline Widmer-Schlumpf, la conseillère fédérale élue à la place de Christoph Blocher en décembre 2007, puis éjectée de l'UDC et qui a su, en quelques mois, conquérir la faveurs de l'opinion et, dans ce cas précis, celle des... journalistes.

• A 52 ans, la conseillère fédérale grisonne, après avoir supporté les humiliations infligées par son parti, a remplacé au pied levé son collègue radical Hans-Rudolf Merz suite à son accident cardio-vasculaire, et ce au pire moment de la crise boursière internationale. «Un ténor», écrit le journal, une vraie cheffe, qu'on dit jouir d'une estime extraordinaire au sein de son département et qui a repris les dossiers de Justice et police avec rapidité, efficacité et poigne. Eveline Widmer-Schlumpf (ci-contre) remporte ainsi, haut la main, la place de numéro un, laissant loin derrière elle tous ses poursuivants.

• Qui sont-ils, ces poursuivants? D'abord Philipp Hildebrand, le vice-président de la Banque nationale suisse, pour sa bonne gestion de la crise financière et du dossier UBS, à la deuxième place. Ueli Maurer (tout de même 4e!), pour avoir réussi son élection à l'exécutif fédéral. Fabian Cancellara, le cycliste, pour ses performances olympiques à Pékin (6e). Mais, culture journalistique alémanique oblige, il y a pas mal de personnalités totalement inconnues de ce côté-ci de la Sarine dans cet aréopage. Et bien peu de Romands: on remarque la présence discrète de Christian Levrat, le président du PS, pour un engagement politique considéré comme remarquable (11e); Stanislas Wawrinka, le tennisman vaudois qui a brillé en double avec Roger Federer aux Jeux (17e); et la nouvelle Miss Suisse de 18 ans, la métisse et cosmopolite Yverdonnoise Whitney Toyloy (29e).

• Et les flops, alors? On ne s'étonnera pas de voir Marcel Ospel, le président détrôné d'UBS, cavaler en tête de ce hit-parade des losers, décidément l'homme le plus détesté du pays. Mais il est talonné par le futur ex-conseiller fédéral Samuel Schmid (2e), qui a accumulé les erreurs de jugement et les faux pas en 2008. Il entraîne dans son sillage l'ex-commandant de l'armée Roland Nef, évidemment en disgrâce aussi (4e). Et derrière - résolument que des «ex» - on trouve encore Köbi Kuhn, qui a raté son Euro 2008 en Suisse à la tête de la Nati et perdu Alex Frei (27e) après quelques minutes de jeu dans le même contexte; Roger Federer (13e, quelle injustice!), pour avoir rétrogradé du 1er au 2e rang du classement ATP; et même... l'ours JJ3 (10e), abattu en avril sous prétexte qu'il s'approchait trop des zones habitées et représentait un danger pour l'homme. Une exécution sommaire qui a semé un vrai désarroi en Suisse: alors pourquoi, grands dieux, cette nouvelle punition?

• Parmi les rares Romands à la baisse, signalons les frères Guillaume (19es), pour le cuisant échec en salles de Max & Co., leur film d'animation; Valérie Garbani (23e), la présidente socialiste de la Ville de Neuchâtel, dont les excès n'auraient pas dû, selon le journal, la conduire à une réélection; l'inénarrable Christian Constantin (24e), qu'on ne présente plus, pour son record établi en matière d'entraîneurs du FC Sion, usés puis virés, avant d'occuper la place lui-même. Et peut-être de se virer lui-même, justement...