Kiosque. Les pompes de l'année

Kiosque.

Après Nicolas Sarkozy (le fameux «Casse-toi, pauvre c...!) et les diverses variations sur la malheureuse Sarah Palin, c'est un des «buzz» les plus puissants de l'année qui vient de faire le tour du globe: la paire de pompes lancées à George W. Bush dimanche dernier à Bagdad par un journaliste irakien. Accompagnée de ce cri du cœur: «C'est le baiser d'adieu de l'Irak, espèce de chien!»

• Fort à propos, le caricaturiste du Matin bleu, Stef, nous livre un strip qu'on dira... de saison (ci-dessus). Tandis que dans Le Matin (orange), on nous explique comment «chien+ chaussure = la pire des offenses»: dans le monde arabo-musulman, les deux sont sales, et interdits de mosquée. Et Nadia Karmous, la présidente de l'Association culturelle des femmes musulmanes de Suisse, de préciser: «Le chien, c'est celui qui suit, qui exécute. Et qui bave.»

• On a déjà parlé, dans ces colonnes, du fameux site ludique, http://www.sockandawe.com, qui permet de reproduire le geste rageur de Mountazer al-Zaïdi (filmé par CNN et visible sur YouTube): mercredi à 13h10, on en était exactement à 6750301 lancers de godasses ayant atteint leur but! Plus sérieusement, Le Monde souligne pour sa part que «hors d'Irak, outre les avis souvent enthousiastes recueillis par les chaînes de télévision arabes, deux commentaires ont notamment retenu l'attention: l'association caritative que dirige la fille du colonel Mouammar Kadhafi, [...], Aïcha, a décidé de décerner à Mountazer al-Zaïdi la distinction de «l'ordre du courage». Le Hezbollah chiite libanais a qualifié le geste d'«acte héroïque qui traduit de façon flagrante le refus de l'occupation détestable». Le Parti de Dieu a appelé tous les journalistes [...] à réclamer la libération de leur collègue irakien», arrêté suite à cette mauvaise humeur dont le panache ravit.

• Il ravit les internautes sur liberation.fr, mais suscite aussi des regrets dans Al-Ghad, quotidien jordanien proche du pouvoir: «Si seulement ces chaussures avaient atteint George Bush! Ses hématomes lui auraient rappelé tout le mal qu'il a infligé [...], la destruction de l'Irak et les souffrances de ses habitants, le drame des Palestiniens, les massacres en Afghanistan et l'écrasement de tous les autres pays par les Marines américains et les avions de l'OTAN. L'air benêt de Bush n'a rien arrangé, quand il a essayé de s'en tirer par une blague en disant que la seule chose qu'il avait retenue était la pointure de ces chaussures.» La pompe est bien amorcée, on n'en restera sans doute pas là...

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