La publication de Tulsa fit scandale en 1971. Larry Clark y avait photographié une jeunesse forcément décadente, éprise de sexe, de drogue et certainement de rock'n'roll. Quatre décennies plus tard, la série continue de susciter régulièrement des remous. Une rétrospective au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, fin 2010, avait par exemple été interdite aux mineurs par la municipalité.

Pour faire écho à la section Cinéma de genre du Festival international de film de Fribourg, intitulée cette année «Terra Erotica I», Fri Art expose la totalité du travail réalisé dans la ville de l'Oklahoma, cinquante images pour dire l'ennui, la révolte, la jouissance de quitter l'enfance. Première monographie de l'artiste, Tulsa est devenue une référence sur le monde adolescent. Ici, un gringalet avec un flingue, là, une jeune fille enceinte se piquant le bras. Plus loin, un couple faisant l'amour dans une baignoire. Fatalement datés – la mode et les coupes de cheveux ont évolué –, les clichés conservent tout leur potentiel sulfureux.

En parallèle, la Kunsthalle propose Lessons in Posing Subjects, de Robert Heinecken. La série, composée au début des années 1980, ajoute des commentaires ironiques à des images trouvées dans des catalogues de vente par correspondance.