Pour les partisans au nouveau Musée des beaux-arts, c'est le résultat de trop. Presque celui qui fait le plus mal: Lausanne a refusé, de justesse avec 51% de «non», le crédit d'étude pour le nouveau musée. C'est une tache d'importance dans la carte cantonale qui montre, à quelques exceptions près, une belle unanimité des communes situées le long des rives du lac Léman.

En soi, ce n'est pas une surprise. La grande majorité des signatures du référendum provenaient déjà de la capitale, tandis que le noyau dur des opposants est lui aussi lausannois, observe Silvia Zamora, municipale responsable de la culture. A Lausanne, directement concernée par le projet, le débat s'est mué au fil de la campagne en un débat urbanistico-émotionnel dont les Lausannois ont le secret.

Non à Bellerive

Il n'empêche. Lausanne est aussi une ville de culture et sa politique en la matière n'a jamais été remise en question via les urnes. Elle est même source de fierté pour ses habitants (Béjart Ballet Lausanne, Théâtre de Vidy, Opéra et Orchestre de chambre de Lausanne). Pour l'opposant au musée Jean-Michel Dolivo, avocat et député de SolidaritéS, l'explication est simple: «Ce résultat montre que ce n'est pas un vote contre le musée mais bien contre le lieu. C'est un vote contre Bellerive.» Une analyse que partage dans les grandes lignes Fabien Ruf, chef du Service de la culture de Lausanne. «Le résultat lausannois n'est pas un vote contre la culture. Mais, visiblement, l'endroit, ou plutôt les préjugés liés à l'endroit choisi, ont joué un rôle.»

Cela aurait-il été différent si la Ville avait politiquement porté le projet en dépit du fait qu'il s'agissait d'un objet cantonal? Pas sûr. La Municipalité rose-rouge-verte le sait bien, elle peine aussi à convaincre ses citoyens lorsqu'il s'agit d'urbanisme et d'architecture et peut d'ailleurs légitimement s'inquiéter des prochaines échéances en la matière - le vaste projet Métamorphose notamment.