Le Temps: Cette crise met-elle le libéralisme en danger?

Michel Halpérin: Je ne crois pas que le libéralisme soit menacé par la crise même si des excès commis à l'intérieur du monde libéral sont à l'origine de la crise. Je pense que le libéralisme porte en lui les remèdes à ses propres excès parce que c'est dans sa nature. Je pense que l'Etat doit résister à la tentation de faire de la gesticulation. Il dispose des mécanismes pour limiter les abus qui sont scandaleux. C'est grâce au libéralisme qu'un certain nombre de choses sont possibles dans nos vies. 90% des emplois sont créés en Suisse par lespetites et moyennes entreprises, avec des salaires et des conditions de travail normaux. C'est par le libéralisme qu'on fait le microcrédit dans les pays qui en ont besoin et non par les mécanismes d'une autre nature. Mon souhait est de ne pas tomber dans la tentation d'une rupture avec le système que nous connaissons.

Alain Berset: Ce qui me paraît très important, c'est de reconnaître que des excès du libéralisme ont conduit à la situation actuelle. Nous devons être capables de corriger ces dérives. Il faut revenir à une situation équilibrée dans l'intérêt de la population. J'aimerais réaffirmer au bout du compte le primat du politique. Parce que quand on parle du politique, on parle de démocratie, d'Etat et des citoyens. C'est pour eux qu'il faut agir. C'est eux qu'il faut mettre au centre.