Aujourd'hui, l'assurance va bien. Mais l'OFAS met en garde pour l'avenir

L'assurance vieillesse est-elle en danger? Pour les partisans de l'initiative «Pour un âge de l'AVS flexible», les autorités brandissent là un épouvantail. «On nous tient depuis 1948 un discours alarmiste, or l'alarmisme est une stratégie», note le conseiller national socialiste Stéphane Rossini.

L'Office fédéral des assurances sociales (OFAS), rattaché au Département de l'Intérieur de Pascal Couchepin, ne nie pas pour sa part que l'assurance se porte bien aujourd'hui. Mais adresse une mise en garde pour l'avenir: «Le nombre de rentiers devrait continuer de croître, alors que celui des actifs stagnera, diminuant même légèrement avec le temps», prévient-il. Alors qu'en 1970, on comptait encore 4,3 cotisants pour un rentier, ce chiffre est en effet tombé aujourd'hui à 3,7. «Et en 2035, selon toute probabilité, on ne trouvera plus que 2,1 cotisants pour financer une rente, note encore l'OFAS. Ensuite toutefois, la situation devrait se stabiliser.»

Contrecoup de la crise

Aux termes de la loi, l'AVS devrait disposer d'une année entière de moyens nécessaires à la couverture des prestations dues. En 2007 les dépenses de l'assurance s'élevaient à 33 milliards de francs. Fin 2007, les réserves de l'assurance atteignaient 27 milliards de francs, auxquels s'ajoutent les 12 milliards de la dette de l'assurance invalidité, qui grève le même fonds. Les placements ont certes rapporté au fonds AVS 1,7 milliard en 2005 et 1,3 milliard en 2006, mais ce dernier subit lui aussi le contrecoup de la crise financière. A fin septembre, la perte frôlait les 2,5 milliards de francs.

«A brève échéance, les recettes courantes ne permettront plus de couvrir les dépenses courantes», avertit l'OFAS. Selon lui, l'AVS devrait connaître des difficultés dès les alentours de 2015. Raison pour laquelle les autorités planchent sur une 12e révision.