A l’école, une puce RFID dans le cartable

L’histoire suivante prouve que les Etats-Unis sont toujours d’ingénieux précurseurs, souvent pervers lorsqu’il s’agit de surveillance citoyenne. Tenez plutôt. Nous voici à la John Hay School , au Texas. Andrea Hernandez est une jeune lycéenne bigote dans cet établissement de San Antonio. Depuis des semaines, l’adolescente défraye la chronique locale pour s’être opposée au port – pourtant obligatoire – de son badge d’étudiante muni d’une puce RFID. En réponse, sa direction la suspend avant de se rétracter. La justice doit désormais trancher.

Depuis la rentrée scolaire 2012, le district de San Antonio équipe l’ensemble des élèves de puces à radio identification. Celles-ci sont implémentées dans les cartes étudiantes. Chaque badge est muni d’un code-barres associé au numéro de sécurité sociale de l’étudiant. Quant à la puce, elle comptabilise les entrées et sorties dans l’établissement. Le système surveille les faits et gestes de chacun sur le campus. «Une violation de la sphère privée inacceptable», dénoncent les étudiants. «Une mesure de sécurité», clame les autorités locales. Pas tout à fait.

Comme tous les établissements scolaires américains subventionnés par l’Etat, la John Hay School reçoit un montant variable d’allocations proportionnel au nombre d’élèves présents. Peu importe s’ils sont en classe ou non, plus il y a d’élèves sur le campus, plus l’école reçoit d’argent. La puce RFID permet ainsi de contrôler en temps direct le nombre d’étudiants, et donc le budget. La méthode vous choque?

La John Hay School estime être dans son bon droit. D’autres établissements le font bien! En Californie, une école maternelle implante des puces RFID dans les vêtements des enfants depuis 2010. D’autres structures scolaires à travers le pays lui emboîtent petit à petit le pas. Près de 110 établissements seraient concernés. Parce que les Américains sont passés maîtres dans l’export, ils essaiment leurs nouvelles méthodes de surveillance d’un bout à l’autre de l’Atlantique et du Pacifique. Du Japon au Brésil en passant par la Grande-Bretagne, plusieurs écoles ont mis sur pied des classes pilotes RFID. Jusqu’en Suisse? D’ingénieux précurseurs pervers, j’vous dis!