Le scandale des abus sexuels commis par des clercs de l’Eglise catholique sur des mineurs éclate avec force aux Etats-Unis en 2002. Le cardinal Bernard Law, archevêque de Boston, est accusé d’avoir couvert des prêtres pédophiles pendant des années. Des affaires similaires sont dévoilées dans les diocèses de l’Oregon et de l’Etat de New York. Le nombre de prêtres ayant abusé de mineurs entre 1950 et 2002 est estimé à 4400, et celui des victimes à 11 000. L’Eglise indemnise les victimes à hauteur de 2 milliards de dollars.

En 2009, l’Irlande est secouée par les révélations de deux rapports. Le premier, publié au mois de mai, explique que des dizaines de milliers d’enfants ont été victimes d’abus sexuels et de maltraitance physique et psychique entre 1930 et 1990 dans les orphelinats, pensionnats et maisons de correction gérés par les catholiques. Au mois de novembre, un second rapport dévoile les abus sexuels commis par 46 prêtres du diocèse de Dublin sur 320 enfants. Publié par le Ministère de la justice irlandais, ce document accuse les archevêques de Dublin d’avoir couvert et étouffé ces affaires de pédophilie pendant plus de trente ans.

Début 2010, le scandale des abus atteint l’Allemagne. En quelques semaines, plus de 170 anciens élèves de pensionnats catholiques déclarent avoir été victimes d’abus commis par des religieux. Des révélations similaires secouent l’Autriche et les Pays-Bas. Benoît XVI fait part de son indignation et de sa volonté de combattre ce crime «honteux». Certains intellectuels, mais aussi des évêques, demandent l’abolition du célibat obligatoire des prêtres. Peine perdue. Le Vatican (photo ci-dessus) réaffirme le caractère sacré de cette pratique, qui n’a pourtant aucun fondement biblique, puisque le «premier pape», Pierre, était marié.