Fonds de placement

L’engagement de la Chine relance les énergies propres

Le 23 septembre dernier, devant un parterre de chefs d’Etat des plus grandes puissances mondiales, le vice-premier ministre chinois, Zhang Gaoli, s’est engagé à combattre la pollution, promettant que la Chine atteindrait son «pic d’émissions» le plut tôt possible

L’engagement de la Chine relance les énergies propres

Environnement Le 23 septembre dernier, devant un parterre de chefs d’Etat des plus grandes puissances mondiales, le vice-premier ministre chinois, Zhang Gaoli, s’est engagé à combattre la pollution, promettant que la Chine atteindrait son «pic d’émissions» le plut tôt possible

Le récent sommet sur le climat à New York a vu l’émergence d’un leader insoupçonné dans le secteur des énergies propres – la Chine, superpuissance manufacturière. Le géant asiatique introduit des mesures pour diminuer les émissions de CO2 et prévoit des investissements massifs pour accélérer le développement du gaz naturel, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

Le 23 septembre dernier, devant un parterre de chefs d’Etat des plus grandes puissances mondiales, le vice-premier ministre chinois, Zhang Gaoli, s’est engagé à combattre la pollution, promettant que la Chine atteindrait son «pic d’émissions» le plut tôt possible. C’était la première fois qu’une personnalité politique d’aussi haut rang mentionnait un pic d’émissions.

Le sommet sur le climat s’est tenu alors que des études révèlent que la concentration de CO2 dans l’atmosphère en 2013 a dépassé le niveau des 400 parts par million, un niveau jamais atteint depuis plusieurs millions d’années, et considéré comme un cap symbolique au-delà duquel les dommages environnementaux deviennent difficilement réparables.

L’engagement de la Chine arrive aussi à un moment où la santé des citoyens chinois est en jeu, alors que ses grandes villes suffoquent sous une pollution atmosphérique baptisée «airpocalypse». Les centrales à charbon et les automobiles du pays génèrent une nuée de particules fines qui pénètrent dans les poumons et infiltrent le système sanguin, causant crises cardiaques et cancers du poumon, désormais responsables de plus d’un million de morts par an.

Sous la pression de la communauté internationale et de la population chinoise, le gouvernement passe à l’acte. En mars 2014, le président Xi Jinping a officiellement lancé une «guerre contre la pollution» et passé des mesures drastiques pour contrôler les principaux pollueurs – centrales à charbon et véhicules.

Le charbon fournit 70% de l’énergie en Chine. Il sert principalement à produire de l’électricité. Le gouvernement veut faire descendre cette part à 63% d’ici à 2017 et favoriser en contrepartie le développement du gaz naturel et des énergies renouvelables. Le gaz naturel peut se substituer au charbon dans la production d’électricité, et au pétrole pour le chauffage et l’usage industriel. La Chine vise ainsi à tripler sa consommation de gaz naturel d’ici à 2020, par rapport aux niveaux de 2012.

Les autorités de Pékin montrent l’exemple le plus fort, en fermant progressivement toutes les centrales à charbon de la ville et en les remplaçant par des centrales thermiques au gaz naturel, moins polluantes.

Le pays s’est aussi fixé des objectifs ambitieux de développement des énergies renouvelables: le gouvernement vise en effet de multiplier par dix ses installations solaires entre 2012 et 2017, passant de 7 à 70 gigawatts.

Miser sur le solaire fait particulièrement sens aujourd’hui, alors que les coûts de production des panneaux solaires ont baissé de 70% en 4 ans, tandis que produire de l’électricité par les moyens traditionnels tels que le charbon ou le nucléaire est devenu plus onéreux. Pour la première fois, dans les régions les plus ensoleillées, l’énergie solaire est devenue compétitive face aux sources traditionnelles d’électricité, même sans subventions.

Si l’Europe concentrait 80% de la demande en énergie solaire il y a 4 ans grâce aux aides et subventions, ça n’est plus le cas aujourd’hui. C’est la Chine, les Etats-Unis et le Japon qui sont devenus les plus gros consommateurs. On observe aussi une demande croissante de la part d’un grand nombre de pays émergents ensoleillés, pour qui la baisse des coûts de l’énergie solaire aide à répondre à leur besoin croissant en énergie.

En plus des mesures visant à diminuer la part du charbon dans le mix énergétique, un second axe de la guerre chinoise contre la pollution vise les voitures et les camions. Le pays a passé des normes d’économie de carburant qui s’appliquent à tous les nouveaux véhicules.

L’engagement de la Chine envers les énergies plus propres et l’efficacité énergétique ouvre des perspectives d’investissement attrayantes.

Pour subvenir à la demande croissante en gaz naturel et répondre aux besoins spécifiques des utilisateurs, toute une infrastructure doit être mise en place. Des sociétés s’occupent de connecter de plus en plus de villes chinoises au réseau gazier, permettant alors aux clients industriels et commerciaux d’utiliser le gaz en remplacement du pétrole. D’autres se chargent d’acheminer des quantités croissantes de gaz vers les nouvelles centrales de production d’électricité, comme dans la région de Pékin, où la demande est en hausse à la suite de la décision de fermer les centrales à charbon.

Les sociétés chinoises de panneaux photovoltaïques ont aussi de solides perspectives de croissance, avec une hausse des volumes en Chine et au-delà depuis que les coûts ont chuté.

Enfin, l’efficacité énergétique est une source d’investissement considérable, dans l’industrie manufacturière autant que dans le transport. Le secteur de l’efficacité énergétique dans le domaine du transport connaît une croissance particulièrement dynamique. Les sociétés spécialisées dans les technologies d’économie en carburant enregistrent des taux de croissance jusqu’à quatre fois supérieurs à ceux de l’industrie automobile.

* Gérant du fonds Pictet-Clean Energy

Des sociétés s’occupent de connecter de plus en plus de villes chinoises au réseau gazier

Publicité