La police vaudoise a reçu des informations provenant des infiltrations de Securitas dans les milieux altermondialistes, mais sans les avoir demandées. Elle a aussi refusé d'autres informations que l'entreprise de sécurité voulait lui vendre, selon le rapport rédigé par l'ancien juge cantonal François Jomini à la demande de la conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro.

En cent ans, le nom de Securitas est quasiment devenu un nom commun, un synonyme de sécurité privée. Privée uniquement? Les multiples collaborations entre l'entreprise et les forces de l'ordre, les nombreux liens personnels montrent que ce n'est pas si simple. Disons que Securitas est devenu un agent incontournable dans l'exercice de la force publique. Son personnel en uniforme bleu veille aux grandes manifestations, patrouille les quartiers sur mandat des autorités communales, surveille les aéroports, les centres de requérants d'asile et les transports de prisonniers. Sans oublier l'entreprise commune fondée avec les CFF pour la sécurité dans les trains.

La maison assure avoir mis fin en 2005 aux infiltrations type Attac. Dans une récente interview, le PDG, Hans Winzenried, précisait que ce genre de mission n'aurait rapporté que 30000 francs par an ces années-là. Securitas n'en continue pas moins à vanter ses «Investigation Services», ses prestations d'enquête et d'observation dans les affaires relevant du droit économique, du travail ou des assurances, ainsi que la collecte de preuves en rapport avec des actes de vandalisme et de hooliganisme.

Fondée en 1907 à Berne par Jakob Spreng, Securitas est restée une société familiale. Elle forme aujourd'hui un groupe de près de 10000 collaborateurs et réalise un chiffre d'affaires estimé à 850 millions de francs.