En 1972, on discutait d’aller «vers une stratégie européenne de l’entreprise»

L’Europe au 2e Forum de Davos

« Organisé par le Forum européen du management, […] le second Symposium européen du management vient de fermer ses portes à Davos après douze jours de travaux. […]

Le premier Symposium organisé l’an dernier à pareille époque […] avait bénéficié […] d’une conjoncture favorable […]. Le Symposium 1972 s’annonçait dans un climat très différent: incertitude monétaire, stagnation ou même début de récession… Et pourtant les participants ont bien répondu, attirés qu’ils étaient par un thème de saison: «Vers une stratégie européenne de l’entreprise». En dépit [de ce] climat, 360 participants provenant de 26 pays vinrent à l’écoute de 80 orateurs et maîtres de travaux pratiques.

Des ténors du Marché commun (M. Werner, premier ministre du Luxembourg, auteur du rapport proposant une Union monétaire et économique, le professeur Raymond Barre, vice-président de la Commission des communautés européennes, M. Rolf Dahrendorf, «ministre des Affaires étrangères» du Marché commun), des orateurs européens et américains (les professeurs Perlmutter et Kindelberger des USA; Gœt­schin, Schwamm, Lalive de Suisse romande, les banquiers Karsten d’Amsterdam, Lambert de Londres, Holzach de Zurich, Gueroult de Paris, l’ancien directeur de la Banque nationale suisse Iklé), tous donnèrent à ce forum sa véritable dimension internationale.

Si l’on parla de styles de direction et de décision, si l’on tenta de découvrir des stratégies adaptées aux objectifs européens, c’est que l’on se demandait par quels moyens la petite entreprise (dans ce contexte, est petite toute entreprise dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 50 millions de dollars) pourra subsister au travers des bouleversements qui s’annoncent.

Le professeur H. Perlmutter […], bien qu’il ait prédit […] que d’ici dix à vingt ans il n’y aura pas plus de 500 firmes multinationales, […] n’envisage pas dans l’avenir la seule domination des entreprises gigantesques: selon lui il y aura aussi place pour des associations […] d’entreprises plus petites, complémentaires sous un ou plusieurs aspects. […]

Dans un monde économique où sautent les verrous des frontières nationales, c’est par une connaissance exacte de ses forces et faiblesses et par une stratégie susceptible de remédier à ses lacunes et de tirer parti de ses avantages que chaque entreprise moyenne peut survivre.»