«Deux militants d’extrême droite ont été libérés sous caution, mardi, par le tribunal de Pretoria. Ils étaient soupçonnés d’avoir participé aux récents attentats revendiqués par un mouvement extrémiste blanc afrikaner inconnu jusqu’alors. Aucune preuve formelle n’a démontré, pour l’instant, leur implication dans l’explosion de bombes artisanales qui avait fait quatre morts ainsi que plusieurs dizaines de blessés dans différentes villes de la région du Cap et de Johannesburg.

Les attentats ont soulevé en Afrique du Sud la crainte d’une résurgence de la violence d’extrême droite que le pays n’a pas connue depuis les élections de 1994. A l’approche de ce scrutin, des militants de l’AWB, le mouvement néonazi d’Eugène Terre-Blanche, avait perpétré une série d’attentats à la bombe pour tenter d’empêcher l’arrivée au pouvoir de la majorité noire. Les déclarations à la presse, il y a quelques jours, de M. Terre-Blanche n’ont fait que conforter la peur d’un retour de cette violence. […]

Il existe un réel malaise au sein de cette population, mécontente de devoir abandonner les privilèges que lui conférait le régime d’apartheid. Mais la majorité des Afrikaners, bon gré mal gré, se résignent au changement et ne sont pas prêts à basculer dans la violence. Les mouvements extrémistes comme l’AWB ont perdu beaucoup de leur influence depuis 1994. Les Afrikaners semblent plutôt se tourner vers le Front de la liberté du général Constand Viljoen, le seul parti d’extrême droite à avoir accepté de participer au processus démocratique en 1994. […] Son chef s’efforce de faire adhérer les Afrikaners à la «nouvelle» Afrique du Sud et de dissiper leur sentiment de marginalisation.»