Ivo Burgener, 40 ans, prendra les commandes de la PDG en mars 2009. Il est entré au service de la Confédération en 1990. Officier de carrière, il a fréquenté les Ecoles de montagne à Andermatt «où il a occupé la fonction de commandant remplaçant du Centre de compétences pour le service en montagne», fait savoir le commandement des Forces terrestres. Avant cela, il était à la tête du bataillon d'état-major de la brigade territoriale 10 puis à l'Etat-major de la Région territoriale3. Le militaire de carrière est aujourd'hui en stage auprès du collège de défense de l'OTAN.

Un jeune lieutenant-colonel au pedigree bien garni contre un vieux roublard, brigadier de milice. Le contraste est détonant. Mais c'est «le choix de la continuité», se réjouit Marius Robyr pour qui cette désignation était une évidence, «parce qu'il a l'esprit de la montagne, avant tout». Nombreux sont ceux qui redoutaient le changement au sein de l'Etat-Major de la PDG. Depuis les débuts du brigadier à la tête de la compétition il y a vingt ans, au fil des éditions, la PDG avait fini par devenir l'épreuve d'un seul homme. La personnalité de Marius Robyr avait largement contribué à la popularité de l'épreuve. On se souvient de sa réticence à instaurer des contrôles antidopage défendant «l'esprit de la montagne», de son coup de gueule aussi lorsque Samuel Schmid les imposa tout de même sur le parcours. On se souvient enfin de sa désillusion, plus récemment, quand Swiss Olympic fit parler les éprouvettes récoltées sur l'édition 2008, ce qui sanctionna et disqualifia du même coup le skieur alpiniste français Patrick Blanc, deuxième de la course.

Une question occupe encore les coulisses de la PDG.Va-t-elle subsister au-delà de 2010, l'épreuve du feu pour Ivo Burgener. En fait, la nomination du jeune officier semble même être un facteur positif pour assurer la pérennité de l'épreuve. Haut-Valaisan, travaillant à Berne, il est proche de la Suisse alémanique, et peut, dès lors, contribuer à redorer le blason de la PDG dans la capitale fédérale. Ce n'est un secret pour personne. Dans les hautes sphères militaires, en Suisse alémanique, on a souvent regardé l'épreuve valaisanne de travers, la jugeant trop éloignée des sensibilités d'outre-Sarine. Un deuxième élément pèsera dans la balance. L'audit réalisé dans le cadre de la dernière édition, et piloté par le colonel Edouard Ryser, a livré des résultats «élogieux». Mais au bout du compte, la Patrouille des glaciers résistera à l'épreuve du temps «seulement si le futur chef du Département de la défense le veut bien».