L’horlogerie suisse dans le collimateur de Bruxelles

Concurrence Ouverture d’une enquête

«Ce sont toutes les marques et groupes horlogers suisses que nous visons.» Sept ans après avoir porté plainte contre des entreprises comme Richemont, Patek Philippe, Audemars Piguet, Breitling ou encore Swatch Group, Michaël Van Gompen ne décolère pas. Le président de l’Association nationale des horlogers réparateurs belge salue donc d’autant plus l’ouverture d’une enquête officielle vendredi par la Commission européenne.

Si les horlogers suisses sont sur la sellette, c’est que la gardienne de la concurrence en Europe cherche à savoir s’ils «se sont entendus» pour refuser de fournir des pièces de rechange à des réparateurs indépendants.

«L’ouverture d’une procédure ne signifie pas que la Commission dispose d’éléments probants attestant l’existence d’une infraction, mais simplement qu’elle va examiner l’affaire», a précisé la Commission. Elle souligne toutefois qu’elle le fera de façon prioritaire. Les parties intéressées et les autorités de la concurrence des Etats membres ont été informées de l’enquête. La Fédération horlogère suisse (FHS) a pris acte de la procédure.

Toutes les marques ont généralisé dès les années 2000 une pratique apparue plus tôt, estime Michaël Van Gompen. Celle de refuser de fournir des pièces de rechange aux réparateurs qui ne faisaient pas partie de leur système sélectif de réparation et d’entretien.

Mêmes règles pour tous

«Ces agissements font courir le risque de la disparition pure et simple des indépendants», s’étrangle encore le président. Lequel dénonce une volonté claire de la part des horlogers de s’assurer le monopole sur tous les aspects liés au service après-vente. «L’industrie automobile a dû libéraliser son secteur des pièces détachées. Pourquoi l’horlogerie ne serait-elle pas soumise aux mêmes règles?», se demande Michaël Van Gompen.

Ce dernier avait déposé une plainte en 2004, via la Confédération européenne des associations d’horlogers réparateurs (CEAHR), pour infraction présumée aux règles de concurrence. La Commission européenne avait décidé, en juillet 2008, de la rejeter pour défaut d’intérêt communautaire. Mais, en décembre 2010, la Cour de justice européenne a annulé la décision de la Commission.