Zimmerwald accueillit en son temps Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, et Lev Davidovitch Bronstein, dit Léon Trotski. C'est en effet dans la petite localité bernoise que se réunirent secrètement, durant la Première Guerre mondiale, du 5 au 8 septembre 1915, tous les socialistes restés fidèles à l'internationalisme et dissidents de gauche s'opposant à la guerre. Coorganisée par le Suisse Robert Grimm, la première conférence de Zimmerwald a réuni 38 délégués de 11 pays européens, y compris provenant de pays ennemis.

«La conférence a échoué, à regret», a rappelé Pascal Couchepin. Celle-ci avait fait apparaître deux tendances distinctes. Une minorité -la «gauche de Zimmerwald» conduite par les bolcheviks et par Lénine- exigeait une condamnation claire des Partis socialistes qui avaient voté les crédits de guerre. Elle prônait la création d'une nouvelle Internationale. Les «pacifistes», quant à eux, comptaient sur la négociation pour rétablir la paix. Dès ce moment, et malgré la signature commune d'un manifeste rédigé par Trotski, Lénine a envisagé la rupture avec ces derniers...

«Pionniers rouges, marchons en colonne...» De la Conférence de Zimmerwald, il reste un chant communiste, écrit par de jeunes trotskistes français durant les années 1930. Et à Pascal Couchepin, cette balade dans ce cadre idyllique a donné l'occasion de se distancier des idéologies de droite et de gauche, «qui ont sans cesse tenté de gagner la jeunesse à leur cause, de l'instrumentaliser». Le Valaisan reviendra-t-il à Zimmerwald l'an prochain, pour autant qu'il n'ait pas quitté son fauteuil de conseiller fédéral d'ici là? «Cela dépendra du menu, s'il est idyllique», a répondu le ministre, plus terre à terre, avant le déjeuner servi dans une auberge du cru.