gastronomie

«180°», le premier «mook» consacré à la cuisine

La revue semestrielle mêle recettes, réflexion, reportage et belles images

Il aura mis un mois pour arriver en Suisse, tout de même. La Fnac qui distribue ce premier «mook» culinaire (ce livre-magazine, si vous préférez) s’y perdait. A Paris, il était en librairie le 6 avril, à Genève, cette épaisse revue de papier mat anthracite ­illuminé par les zébrures d’une tomate verte jouait les arlésiennes. Bref, il a fini par arriver et ça valait le coup d’attendre, car l’objet est plutôt joli à regarder et à feuilleter.

Indépendants passionnés

Semestriel, dépourvu de publicité et financé par un petit comi­té «d’indépendants passionnés», cette première revue culinaire vendue en librairie n’en a pas moins d’ambition. Près de 200 pages débordant de recettes «qui ont du cœur et du goût», simples pour la plupart (lisette escabèche, flan de petits pois, vinaigrette et noix caramélisées, féroce de morue aux tomates, acras de crevettes, fèves sautées à la pancetta, pêches infusées à la verveine…) et disponibles en mode numérique pour tablettes.

Ça s’appelle 180 °C, comme le thermostat 6 du four, ça ne se prend pas la tête, avec pour ambition «les plaisirs simples et authentiques que préparer un repas pour les autres peut procurer», et ça marie en sous-titre «des recettes et des hommes».

Ça le fait joliment, sur le mode du portrait: Pierre Caillet, jeune chef normand de talent qui cultive ses propres variétés potagères et légumières, un viticulteur du Languedoc; mais aussi la galerie de Peter Lipp­mann, photographe culinaire, le portrait d’un formidable boulanger-meunier d’Ile-de-France, un reportage chez un «orfèvre du zinc», un éloge du Bamix (si suisse, si futé…) et un joli marché de saison (quoique les saisons, vu la ­périodicité semestrielle…), plus quelques billets, souvenirs d’enfance et autres cartes postales.

Bienvenue dans un monde à couteaux tirés…

«180 °C des recettes et des hommes», printemps-été 2013, Fnac, environ 30 fr. www.180c.fr

Publicité